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Prix des carburants : la voiture est «un objet totem» des classes moyennes, selon ce sociologue et essayiste

Invité d'Europe 1 Matin, Jean-Laurent Cassely estime que la hausse des prix des carburants dépasse largement la seule question du pouvoir d'achat. Pour l'essayiste, la voiture demeure un marqueur central du mode de vie des classes moyennes françaises, au point de symboliser un modèle aujourd'hui fragilisé.

La crise des prix du carburant comporte "un aspect à la fois très matériel et très symbolique", explique Jean-Laurent Cassely au micro de Dimitri Pavlenko dans Europe 1 Matin. L'aspect matériel est immédiat : l'augmentation des prix pèse directement sur le budget des ménages et touche un outil indispensable pour de nombreux Français. "Pour beaucoup de gens, la voiture c'est un moyen de locomotion, pour d'autres c'est un outil de travail", rappelle le sociologue et essayiste, auteur de l'ouvrage Nous les Français

Mais au-delà de cette dimension pratique, il voit dans l'automobile un symbole profondément ancré dans l'histoire sociale du pays. La voiture est selon lui "un objet totem de la modernité des classes moyennes". Longtemps associée à l'ascension sociale, à l'autonomie et à l'accès à de nouveaux modes de vie, elle occupe encore une place particulière dans l'imaginaire collectif français.

Un modèle de vie remis en question

Jean-Laurent Cassely souligne que la voiture a permis aux classes moyennes d'accéder à un certain mode d'organisation de la vie quotidienne. Elle accompagne le développement des lotissements en périphérie, l'accès aux supermarchés, les déplacements domicile-travail et, plus largement, une mobilité qui a façonné le territoire français. "La voiture a permis d'accéder à tout le panier de modes de vie des Français", résume-t-il. 

Or, la hausse du coût des carburants s'ajoute à celle du prix d'achat des véhicules et transforme progressivement ce qui était autrefois un signe de confort en contrainte budgétaire. "Ça coûte cher, le carburant coûte cher, l'achat d'une voiture coûte cher", énumère-t-il. Dès lors, la question des prix à la pompe ne se limite pas à une facture plus élevée : elle interroge la capacité des classes moyennes à préserver un mode de vie construit autour de l'automobile. "C'est tout ce modèle quelque part qui est remis en question derrière les prix à la pompe", affirme l'essayiste, pour qui la crise des carburants révèle des transformations plus profondes de la société française.