Invité de Europe 1 Matin, le sociologue et essayiste Jean-Laurent Cassely a livré une analyse originale des ventes de livres politiques en France. Selon lui, les circuits de distribution révèlent des différences marquées entre les lectorats de gauche et de droite, au point que Jordan Bardella serait devenu "l'auteur politique qui a le plus de ventes dans les supermarchés".
Quelle personnalité politique remporte le match des librairies ? Reçu par Dimitri Pavlenko dans Europe 1 Matin, Jean-Laurent Cassely est revenu sur plusieurs enseignements tirés de l'ouvrage Nous les Français, qu'il a codirigé avec plusieurs auteurs. Parmi les thèmes abordés figure la consommation de livres politiques. En observant les chiffres de vente de 2025, l'essayiste estime que "si les ventes de livres en librairie c'était un sondage présidentiel", "la droite la plus radicale, identitaire on va dire, gagnerait haut la main".
Il cite notamment les ouvrages de Nicolas Sarkozy, Jordan Bardella et Philippe de Villiers, qui représenteraient ensemble près d'un demi-million d'exemplaires vendus en librairie. Jean-Laurent Cassely nuance toutefois la portée politique de ces données, rappelant que les acheteurs de livres constituent un public particulier, souvent plus âgé et disposant d'un certain pouvoir d'achat.
Des circuits de vente différents selon les sensibilités politiques
Au-delà des volumes de vente, l'auteur s'est intéressé aux lieux d'achat. "Les livres de gauche sont plus achetés en librairie indépendante de centre-ville", explique-t-il, estimant que cette réalité correspond à l'image généralement associée à cet électorat. À l'inverse, les ouvrages de droite bénéficieraient d'une diffusion plus large, dans les grandes surfaces culturelles mais aussi dans les supermarchés.
C'est dans ce contexte qu'il avance que Jordan Bardella est "l'auteur politique qui a le plus de ventes dans les supermarchés". Une donnée qui dit "quelque chose probablement de sa popularité, de son électorat", selon lui. Pour Jean-Laurent Cassely, l'observation des circuits commerciaux permet ainsi d'apporter un éclairage complémentaire sur les comportements politiques et culturels des Français, au-delà des seuls sondages d'opinion.