L'ancien Premier ministre espère convaincre Gabriel Attal et Édouard Philippe, qui n'ont pour l'heure pas accepté le principe d'une primaire pour le "grand fleuve central". François Bayrou, lui, avertit du "risque" d'un second tour opposant "un extrême à un autre extrême".
Après un passage éclair à Matignon qui s'est conclu sur un vote de confiance défavorable, François Bayrou n'en a pas fini avec la politique. Ce dimanche 20 septembre, durant son discours de clôture de la rentrée du MoDem, l'ancien Premier ministre a détaillé les conditions de la primaire du "grand fleuve central" pour laquelle il plaide. Une obsession restée, à ce jour, sans succès.
"Si nous ne sommes pas ensemble, ces forces qui se sont opposées pendant longtemps, des socio-démocrates aux gaullistes, en passant évidemment par tous les engagés au centre (...), il n'y a aucune chance que nous l'emportions" face à Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, a-t-il déclaré à L'Isle-sur-la-Sorgue (Vaucluse).
Date limite des parrainages : fin octobre
À Édouard Philippe, qui refuse toute primaire, et à Gabriel Attal, qui ne l'a jamais formellement écartée, François Bayrou a adressé "un message personnel" : "Qu'est-ce que vous craignez ? Où est le problème ? (...) Vous serez choisi par les Français. Et vous aurez une légitimité supplémentaire."
Et le patron du MoDem de détailler les conditions de sa primaire : "Un filtre évidemment nécessaire" pour y participer, à savoir le parrainage de dix parlementaires. Et "je propose qu'on le fasse avant la fin octobre".
"Après, on a deux mois pour qu'il y ait confrontation entre les uns et les autres, que les chaînes de télévision organisent des débats, qu'on organise des meetings. (...) Ca nous amène à la fin décembre, et puis on fait le premier tour en janvier, peut être vers le 15 janvier, quelque chose comme ça", "par internet", a développé l'ancien maire de Pau.
"Un extrême contre un autre extrême, une menace létale pour notre pays"
"On fait le deuxième tour quinze jours après". Ainsi, "début février, les Français auront le candidat unique qu'ils attendent pour les rassurer et leur garantir que l'avenir du pays ne soit pas détruit par des bêtises électorales", a-t-il ajouté.
"Si on va au premier tour divisés (...) on sait que le deuxième tour ce sera le deuxième tour d'un extrême contre un autre extrême, donc une menace létale, mortelle pour notre pays". "Donc on ne peut pas se permettre le luxe de la division au premier tour, donc il faut qu'on tranche la question de l'unité avant le premier tour", a-t-il conclu.
François Bayrou a convié à la rentrée du MoDem un certain nombre de personnalités du centre-gauche (Bernard Cazeneuve) au centre-droit (Jean-Louis Borloo, Xavier Bertrand) et l'ancien commissaire européen Thierry Breton, qu'il a cité comme candidat potentiel et qui a été le seul à sembler endosser cette proposition de primaire.