La candidate du Rassemblement national à l'élection présidentielle 2027 s'est rendue dans la commune martyre des incendies qui ont frappé la Gironde cet été. Elle a critiqué l'ensemble des "normes" qui contraignent les forestiers mais aussi les "défaillances" dans la mise en place des secours.
La commune du Porge, la plus ravagée par le mégafeu de Gironde fin juillet, a reçu ce jeudi 17 septembre la visite d'une nouvelle candidate à la présidentielle, Marine Le Pen, venue dénoncer "les défaillances" dans le déroulement des secours.
Avant la candidate RN, trois autres prétendants à l'Élysée, David Lisnard (LR), Olivier Faure (PS) et François Ruffin (Debout!), étaient déjà venus dans ce bourg de 3.500 habitants, qui a perdu plus de 180 habitations - sur un total de 250 - détruites par l'incendie qui a parcouru 42.000 hectares.
Ce vendredi, ce sera au tour de l'Insoumis Éric Coquerel, dans le cadre d'une mission parlementaire sur le coût des incendies. Sébastien Lecornu avait tenté, mais avait été largement hué par la population, empêchant tout dialogue.
La candidate du RN critique les "normes et contraintes" soumises aux forestiers
Dans cette commune où le RN est arrivé en tête des derniers scrutins nationaux, Marine Le Pen a d'abord "parlé de ce qui n'a pas fonctionné, voire dysfonctionné" avec des sinistrés réunis chez une habitante à la maison intacte en bord de route, mentionnant des "défaillances" dans les opérations de secours.
Alors qu'elle demande à un homme s'il a été relogé, celui-ci a témoigné de sa détresse : "Les assurances ne savent pas si c'est reconstructible ou pas, donc nous n'avons droit à rien, il faut attendre. Donc pour l'instant, je vis dans un mobile home", a-t-il déploré.
Une fois la tension médiatique retombée, la candidate du RN à la présidentielle tient à afficher sa solidarité avec les sinistrés et défend sa vision de l'écologie : "Les forestiers sont aussi confrontés à une série de normes, d'interdictions, de contraintes qui fait qu'avant, ils connaissaient leurs forêts et savaient quoi faire et qu'aujourd'hui, on a des gens dans des bureaux qui viennent leur expliquer que 'ce n'est pas comme ça qu'on fait'", a-t-elle souligné devant des habitants.
"Même imparfait, il faut qu'il y ait un budget"
La favorite des sondages à l'élection présidentielle 2027 a ensuite échangé plus d'une heure à la mairie voisine du Temple, avec des élus, des sylviculteurs, des agriculteurs et des acteurs du monde économique pour se "faire une opinion sur les priorités et les urgences".
Elle avait à ses côtés Edwige Diaz, candidate aux élections sénatoriales, qui entend décrocher le 27 septembre un fauteuil inédit pour son parti en Gironde, département où le RN a remporté deux communes lors des élections municipales.
Elle a répété craindre que "les assurances se retirent de la course à l'avenir, avec des maisons impossibles à assurer", mais a voulu faire taire l'"angoisse" d'un "non-vote du budget", censé intégrer les exonérations et aides promises par l'État pour les sinistrés girondins. "Même imparfait, il faut qu'il y ait un budget", a-t-elle balayé.