"De Robespierre au Code Napoléon, on a toujours eu à peu près le même système. Quand on est un pays aussi puissant que le nôtre, avec des gens aussi brillants, on a le droit de se dire : si on échoue à ce point dans tout ce qui fait une nation, on va peut-être se réorganiser autrement. Et on peut peut-être en parler avec les Français. Dans un groupe humain, vous avez des regards différents, et c’est cela qui en fait un groupe intelligent. À quel moment la tribu va-t-elle mourir ? Quand un seul regard a pris 100% du pouvoir. En France, en vingt ans, les contrôleurs, les inspecteurs, les intermédiaires et les administrateurs ont pris 100% du pouvoir politique, administratif et financier. Et ces gens-là sont incapables de penser autrement que de la façon dont ils pensent", regrette le fondateur de l'UDI.
Crise sociale et énergétique : "Je ne sais pas si c'est une révolte ou une espèce de sentiment d'abandon." explique @Menard_off dans #Duel sur #Europe1pic.twitter.com/O3PJ2aHQZG
— Europe 1 (@Europe1) September 16, 2026
«Je le vis tous les jours : il y a une espèce de millefeuille. Maire de Béziers et président d’agglomération, je suis pour la suppression des agglomérations. Est-ce qu’on a besoin à la fois d’un département et d’une région ? En tout cas, il y en a un de trop. On va économiser de l’argent et, surtout, gagner du temps. Je veux construire une école : normalement, en deux ans, elle est construite. Mais avec trois ou quatre ans de paperasse avant même le début des travaux, il faudra cinq ans pour la construire. Et encore, si elle se fait», s'insurge l'actuel maire de Béziers.
"On a un problème, dans les zones rurales, avec les transports, les pêcheurs et les gros routiers. Il y a quelque chose de spécifique : il faut faire quelque chose pour eux. Pour le reste, tout ce qui fait nation est bloqué. L’hôpital va moins bien, le logement est un drame absolu, tout comme la cohésion nationale, l’école, la violence ou la chaîne judiciaire. Il faut se demander pourquoi nous en sommes là. Il y a deux sujets centraux. Le premier, c’est notre mode d’organisation. Nous sommes la seule organisation au monde qui n’a pas d’organisation. Nous ne sommes ni un État centralisé ni un État fédéral : tout le monde fait tout. C’est un foutoir invraisemblable. On ne peut pas continuer avec un système où tout le monde fait tout et où personne n’est responsable. Cela coûte 40% plus cher et prend sept ans de plus", déplore Jean-Louis Borloo.
"Il faudrait être sot et aveugle pour ne pas entendre cette colère. Les pêcheurs sont présents juste à côté de chez moi, à Valras ou à Sète. Bien sûr que l’essence est trop chère, mais ce mouvement ne se résume pas à une question d’argent. Il traduit aussi un profond sentiment d’abandon : l’idée qu’il n’y en a que pour Paris et que les villages et les petites villes n’intéressent personne. Malheureusement, ce sentiment n’est pas complètement artificiel. Je passe mon temps à me battre contre l’État dès qu’il veut fermer un service chez moi. Tout cela peut provoquer de très grandes colères. La colère est là, reste à savoir comment elle se traduira", a déclaré Robert Ménard.
L’émission «Duel», nouveau rendez-vous politique sur Europe 1 et CNEWS, va donner la parole à deux personnalités portant chacune un diagnostic différent sur l'état de la France. Les premiers invités de cette nouvelle émission sont Robert Ménard, maire de Béziers, et le fondateur de l'UDI, Jean-Louis Borloo.