Le projet de budget 2027 n'est pas encore public, mais il promet déjà de vives tensions dans l'hémicycle. Alors que cela pourrait amener à un nouveau blocage, Emmanuel Macron fait planer une nouvelle dissolution, à quelques mois de l'élection présidentielle.
À huit mois de la présidentielle, l'adoption du projet pour le budget 2027 s'annonce difficile dans une Assemblée sans majorité. Chacun veut marquer sa différence quand l'exécutif cherche des compromis. C'est dans ce contexte, que l'Élysée tente de mettre la pression sur les candidats.
"Vous voulez gouverner demain, alors ne bloquez pas le pays aujourd'hui", c'est en substance l'argument d'un proche d'Emmanuel Macron. "Les prétendants à l'Élysée ont intérêt à retrouver une maison rangée", explique-t-il, "avec des marges de manœuvre pour appliquer leur programme."
Un gouvernement de nouveau bloqué ?
Mais alors, la pression peut-elle aller jusqu'à une dissolution en cas de blocage sur le budget ? Pour la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, "outre le fait que c'est évidemment la prérogative unique du président de la République, ce n'est pas dans les projections qui sont les nôtres. Je n'ai pas plus de commentaires à faire."
Reste que le bruit court jusque dans les rangs du gouvernement. Si le Premier ministre Sébastien Lecornu était censuré, Emmanuel Macron pourrait dissoudre l'Assemblée nationale. Pour rappel, le président avait déjà agité cette menace l'an dernier et cela reste un moyen de pression très concrète.
En cas de nouvelle censure, les députés pourraient aussi remettre leur siège en jeu et bousculer la campagne présidentielle. Faute de majorité, l'exécutif mise donc sur les ambitions de ses successeurs pour faire adopter son dernier budget.