Les résultats des élèves français au test international Pisa de 2025 sont "préoccupants" mais "hélas, pas une surprise", a regretté ce mardi matin le ministre de l'Education nationale Edouard Geffray.
Les résultats des élèves français au test international Pisa de 2025 sont "préoccupants" mais "hélas, pas une surprise", estime mardi le ministre de l'Education nationale Edouard Geffray dans une interview au Monde.
"Si les résultats sont stables en sciences, ils baissent en compréhension de l'écrit, en France comme dans le reste de l'OCDE. En mathématiques, nos résultats, en baisse, creusent l'écart avec la moyenne de l'OCDE. C'est préoccupant mais ce n'est, hélas, pas une surprise", a-t-il déclaré.
Selon lui, "si nous arrivons à mener à la fois le chantier de la pédagogie et celui de l'autonomie des établissements, on pourrait en 2033 revenir dans la tête du classement."
Si la France se situe toujours dans la moyenne des pays de l'OCDE, "ses scores sont de plus en plus bas", selon l'organisation qui a dévoilé son étude mardi matin. Par rapport à 2022, ses résultats en sciences ont baissé de 4 points, en compréhension de l'écrit de 18 points et en maths de 16 points. L'Organisation de coopération et de développement économiques considère que 20 points représentent environ une année de scolarité.
Les réseaux sociaux, une "arme de destruction intellectuelle massive"
"À l'échelle mondiale, nous sommes face à un phénomène de fond très puissant, une évolution de la manière dont l'enfant du 21e siècle est éduqué et instruit", a souligné le ministre, alors que le classement international a enregistré en 2025 "la performance moyenne la plus faible jamais observée".
Edouard Geffray pointe notamment les réseaux sociaux, une "arme de destruction intellectuelle massive", mais aussi "la diminution de l'investissement des parents dans la scolarité". En France, il déplore également des "objectifs d'apprentissage (...) flous, en particulier au collège". Selon lui, le collège devra constituer "le grand chantier du prochain quinquennat".
"Sans remettre en cause le collège unique, je pense que nous devrions utiliser la baisse démographique pour redonner une marge d'autonomie aux établissements", avance-t-il. Il souhaite "augmenter de 50 %, d'ici cinq ans, les heures d'autonomie accordées aux collèges", "pour renforcer le soutien aux élèves en difficulté, pour diversifier l'offre et ouvrir davantage de possibilités à tous les élèves", a-t-il précisé ensuite sur X.
Jouer sur la formation continue des enseignants
"On s'est beaucoup focalisés sur la réduction du nombre d'élèves par classe, nécessaire, peut-être au détriment de la réflexion sur la pédagogie", estime-t-il. Chaque famille recevra ainsi après les vacances de la Toussaint un document détaillant les apprentissages prévus pour l'année scolaire. Le ministre souhaite aussi mieux partager les résultats de Pisa avec les équipes pédagogiques et les familles afin de renforcer leur implication.
"J'estime aussi qu'on peut jouer sur un autre levier, celui de la formation continue des enseignants", avance-t-il. Le ministre a ensuite indiqué sur X que les 18 heures annuelles de formation obligatoire dans le premier degré pourraient être augmentées jusqu'à 36 heures.
Édouard Geffray souhaite également relancer le chantier de la labellisation des manuels scolaires, dans un premier temps au CP et au CE1 pour la lecture et les mathématiques.