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«Nous avons une frontière et il faut la respecter» : à Madrid, la colère de milliers d'Espagnols face à la gestion de la crise à Ceuta

Des dizaines de milliers d’Espagnols sont descendus dans les rues ce mercredi soir, notamment à Madrid, pour dénoncer la situation à Ceuta et la politique migratoire jugée laxiste de Pedro Sánchez. Drapeaux espagnols, appels à la défense des frontières et demandes de démission du Premier ministre ont rythmé une soirée marquée par une forte colère populaire. 

La colère de Ceuta est en train de gagner toute l’Espagne. Mercredi soir, des dizaines de milliers d’Espagnols se sont rassemblés devant les principales mairies du pays pour dénoncer la situation dans l’enclave espagnole, un mois après l’arrivée de 80.000 clandestins. À Madrid, une immense manifestation a notamment réuni une foule impressionnante.

Venus en couple, en famille ou entre amis, les manifestants étaient nombreux à brandir le drapeau espagnol. Tous expriment leur ras-le-bol face à la situation à Ceuta et dénoncent la politique jugée trop laxiste du Premier ministre socialiste Pedro Sánchez.

"On a une invasion et ils font comme si c’était un problème d’immigration. S’ils t’envahissent, il faut les expulser et te défendre", affirme un manifestant.

Une Espagnole présente dans la foule partage cette colère : "Là, ils t’en envoient 80.000 et demain, ce sera 200.000, jusqu’à ce que tu n’en puisses plus. Il faut les expulser coûte que coûte".

"il faut défendre l’Espagne"

Parmi les manifestants, on retrouve également des immigrés installés depuis longtemps en Espagne. C’est notamment le cas de Mani, d’origine cubaine et espagnole depuis 18 ans. Pour elle, la question est avant tout celle du respect des frontières : "Je pense qu’il faut défendre l’Espagne. Nous avons une frontière et il faut la respecter. Et si on ne la respecte pas, il faut une réponse".

Dans les rues, les slogans exprimaient autant la fierté d’être espagnol que le rejet de la politique du gouvernement. La démission de Pedro Sánchez était également réclamée par de nombreux manifestants.

"On a des ministres et un président qui partent en vacances et sont des incapables. Ils ne servent à rien, peu importe leur parti. Ce sont eux qui ne servent à rien", dénonce un Espagnol.

La contestation ne semble donc plus limitée à Ceuta. Elle s’étend désormais à travers le pays, avec des manifestations et des actes de violence qui se multiplient. Une colère qui place directement le gouvernement de Pedro Sánchez sous pression.

Le Premier ministre est attendu ce jeudi au Parlement pour s’expliquer sur sa gestion de la crise. Une intervention qui s’annonce particulièrement tendue alors que la mobilisation contre sa politique migratoire prend une ampleur nationale.