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«C'est toute l'économie de la ville qui a plongé» : à Ceuta, le désarroi des commerçants, en première ligne de la crise migratoire

Un mois après l'afflux massif de migrants venus du Maroc, les commerçants de Ceuta, en première ligne de cette crise migratoire, font grise mine. Car les touristes, eux, ont déserté l'enclave.

De nouvelles manifestations violentes ont eu lieu vendredi 28 août au soir dans l'enclave espagnole de Ceuta, avec la crise migratoire, débutée il y a un mois, en toile de fond. 

Car, si l'immense majorité des 80.000 migrants arrivés du Maroc a fait le chemin inverse, entre 5.000 et 10.000 d'entre eux errent encore dans les rues. Une crise qui a pour conséquence l'effondrement du secteur touristique, moteur de l'économie locale. 

"Ça nous a énormément affectés"

"Nos clients viennent du Maroc, ce sont eux les touristes ici. Mais avec tout ce qu'il s'est passé, cette incertitude et la crainte de ceux qu'ils peuvent découvrir en arrivant ici ne sont pas venus. Ils ont pris des avions et des bateaux et sont allés directement en Espagne. Ça nous a énormément affectés", raconte une commerçante au micro d'Europe 1.

Pour cette vendeuse dans une boutique de vêtements, pas question de laisser filer un client, elle qui a dû baisser le rideau pendant deux jours lors de l'entrée massive de migrants illégaux dans la ville. 

Les quelques hôtels de Ceuta ont vu leur fréquentation chuter, ajoute la jeune femme qui s'en remet au gouvernement pour redresser la situation, tout comme Juan Maria qui vient chaque jour manifester devant la préfecture.

"C'est toute l'économie de la ville qui a plongé. Il y a toutes ces boutiques qui ont fermé, et puis celles qui ont dû payer pour embaucher un service de sécurité privé. Tout cela n'est pas possible", déplore-t-il. Impossible pour les commerçants qui craignent aussi que l'image de destination paisible que s'est forcée d'entretenir l'enclave ne se soit effondrée.