Trois plaintes pour "non-assistance à personne en danger" ont été déposées fin août contre l'ex-maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo, et son ancien premier adjoint Patrick Bloche, par des familles d'enfants victimes d'agressions sexuelles.
Trois plaintes visant l'ex-maire socialiste de Paris Anne Hidalgo et son ancien premier adjoint Patrick Bloche ont été déposées ces derniers jours par des familles touchées par le scandale des agressions sexuelles dans le périscolaire, a appris l'AFP jeudi auprès de l'avocate des familles.
Elles ont été déposées pour "non-assistance à personne en danger", a précisé à l'AFP Me Lise-Honorine Bornes, confirmant une information du Point.
Séparément, ces familles avaient déjà déposé plainte entre mars et mai pour "agression sexuelle", "violence" ou encore "non-assistance à personne en danger", et pour l'une pour "viol", commis sur leurs enfants pendant le périscolaire à l'école primaire publique Saint-Dominique, dans le 7e arrondissement de Paris.
"Ils avaient pleinement conscience du danger"
Deux animateurs ont été mis en examen le 23 mai et écroués dans le cadre d'une information judiciaire portant sur "des faits commis au préjudice d'une vingtaine d'enfants", avait alors expliqué le parquet.
Dans le cas des familles ayant déposé plainte contre Mme Hidalgo et M. Bloche, les faits dénoncés auraient été commis sur deux enfants entre septembre 2022 et août 2025, sur une autre entre août et décembre 2025 et sur une dernière entre septembre 2025 et janvier 2026.
"C'est la responsabilité pénale individuelle de Anne Hidalgo et de Patrick Bloche qui est engagée. Ils avaient pleinement conscience du danger", a affirmé Me Bornes. Mme Hidalgo, 67 ans, a été maire de Paris d'avril 2014 à mars 2026 et M. Bloche, 70 ans, adjoint au maire d'octobre 2017 à juillet 2024, chargé notamment des affaires scolaires et de la petite enfance, puis premier adjoint jusqu'en mars 2026.
Selon Me Bornes, les plaintes sont "documentées" et s'appuient sur "des éléments probants", montrant que Mme Hidalgo et M. Bloche avaient "connaissance d'un péril grave et imminent auquel étaient exposés les enfants", "placés sous leur responsabilité", mais qu'il y a eu un "déni complet" de leur part et qu'ils n'ont "rien" mis en place.
Une part de reponsabilité
Les plaintes, dont l'AFP a eu connaissance, font état de divers moments où Mme Hidalgo ou M. Bloche sont interpellés, notamment lors de séances du Conseil de Paris. Et ce dès le 14 avril 2015, lorsque le maire LR du 6e arrondissement Jean-Pierre Lecoq avait affirmé que "des enfants sont abusés sexuellement par des animateurs lors des activités périscolaires".
En février 2026, en pleine campagne pour les municipales, l'ancienne édile socialiste avait reconnu sur France Inter une part de responsabilité, étant à la tête d'une administration. Mais "je ne peux pas laisser dire que nous serions restés depuis 2015 sans rien faire", s'était-elle défendue, indiquant qu'"un certain nombre de personnes ont été écartées, licenciées à différentes strates de la hiérarchie qui n'avaient pas signalé" ces agissements.
En décembre 2025, elle avait nommé Dominique Versini Défenseure des enfants de la ville de Paris, une fonction à laquelle le nouveau maire Emmanuel Grégoire a mis fin dès le début de son mandat, en engageant un plan d'action pour le périscolaire.