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Interdiction des téléphones portables au lycée : «C'est un bouclier qui a plein de trous», souligne le président du SNALC

Jean-François FORT / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP [Jean-François FORT / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

Jean-Rémi Girard, professeur de lettres et président du SNALC, était l'invité d'Europe 1 Matin ce mardi 25 août pour évoquer la mise en œuvre de l'interdiction des téléphones portables dans les lycées. S'il n'est pas contre l'idée, il souligne certaines failles : "C'est un bouclier qui a plein de trous". 

L'interdiction des téléphones portables dans les lycées "pourra être effective dès la rentrée", a annoncé ce lundi 24 août la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon, à l'issue du Conseil des ministres.

Invité d'Europe 1 Matin ce mardi, Jean-Rémi Girard, président du Syndicat national des lycées, collèges, écoles et enseignement supérieur (SNALC), rappelle que les smartphones sont déjà interdits en cours, et que cette contrainte est difficile à faire respecter. 

"Ça ne résoudra pas le problème d'addiction générale"

Les élèves "ne sont déjà pas supposés utiliser leur portable en classe. Donc on est finalement sur l'interdiction pendant les pauses et ça va être compliqué à vérifier", explique Jean-Rémi Girard. 

"La principale problématique qu'on va avoir, c'est que de toute façon, un lycéen pourra sortir, utiliser son portable. Nous, et je pense que beaucoup de chefs d'établissement sont comme ça, on ne veut pas d'attroupement de lycéens pendant les pauses devant le lycée" pour des raisons de sécurité, ajoute-t-il. 

Mais le professeur de lettres soulève une autre problématique : "Il y a derrière un vrai problème d'addiction aux écrans de nombreux élèves" et notamment aux réseaux sociaux. Interdire le portable, "c'est déjà un premier bouclier mais encore une fois, c'est un bouclier qui a plein de trous". 

"Les lycées sont déjà les lieux où ils les utilisent probablement le moins. Alors réduire la consommation au lycée, ce n'est pas forcément une mauvaise idée, mais ça ne résoudra pas le problème d'addiction générale qui finalement se passe beaucoup plus à l'extérieur ou à la maison", souligne-t-il.