Les élèves de seconde, première et terminale vont-ils devoir changer leurs habitudes dès la semaine prochaine ? Une interdiction des téléphones portables pourrait s'appliquer dès la rentrée, selon le gouvernement. Mais dans les faits, sa mise en œuvre s'avère complexe.
"L'interdiction des téléphones portables pourra être effective dès la rentrée", a annoncé la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon. Une mesure dont s'est réjouie Emmanuel Macron.
Il reste encore à savoir comment concrètement elle sera mise en place, puisque sa mise en œuvre, s'annonce comme un vrai casse-tête pour les chefs d'établissement.
Une contrainte de temps
Pour appliquer l'interdiction du téléphone portable, les lycées doivent modifier leur règlement intérieur. Mais le proviseur n'a pas la capacité de le faire seul et réunir tous les acteurs concernés autour de la table s'annonce bien compliqué, prévient la proviseure adjointe d'un lycée à Obernai et membre du principal syndicat des chefs d'établissement.
"Il va falloir en échanger avec les différents membres de la communauté éducative, les élèves, les parents, les personnels, et que ce soit voté en conseil d'administration. Donc ça, ça prend du temps. Ça ne pourra pas être applicable forcément directement à la rentrée", explique-t-elle.
Il faudra aussi du temps pour imposer cette nouvelle règle aux jeunes élèves. Les surveillants ne pourront pas tout contrôler. "Moi, par exemple, j'ai 700 élèves. Sur 700 élèves, j'ai trois postes d'assistants d'éducation. Donc vous imaginez bien que pour parcourir tout un établissement, voir les différents recoins, etc., on n'arrivera pas à faire appliquer la règle scrupuleusement", souligne-t-elle.
Les établissements s'inquiètent également du coût engendré par cette interdiction. Ils doivent notamment se procurer des pochettes spéciales permettant aux élèves d'y ranger leur téléphone, dont le prix s'élève à environ 15 euros l'unité.