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Romance «halal» : «Ça marque l'extension du halal comme espace normatif» pour les musulmans, juge Florence Bergeaud-Blackler

[Florence Bergeaud-Blackler]

Florence Bergeaud-Blackler, docteur en anthropologie et présidente du Centre européen de recherche et d’information sur le frérisme, était l'invitée d'Europe 1 Matin ce lundi matin. Au micro d'Alexandre Le Mer, elle note la poursuite de l'extension de la stratégie du "halal" avec désormais des romances pudiques destinées aux lecteurs musulmans.

La tendance est encore marginale mais se fait déjà remarquer. Sur les réseaux sociaux, plusieurs influenceuses font la promotion de la "romance halal", de nouveaux livres destinées aux lecteurs musulmans et respectant les codes islamiques. Ainsi, dans ces romans d'amour, la pudeur est de mise. Une courant qui en plus, se veut à l'opposé de grands classiques de la littérature française. 

"Ce style est à inscrire dans un phénomène beaucoup plus large que j'étudie depuis plusieurs années, qui est l'extension du halal comme espace normatif, c'est-à-dire quelque chose qui doit régir l'ensemble des activités quotidiennes du musulman", explique-t-elle au micro d'Europe 1. 

Un projet de rupture

"Halal, ça veut tout simplement dire licite. Et désormais, ça ne sert plus seulement à qualifier des aliments et des actes rituels, c'est devenu aussi une catégorie de vêtements pudiques des loisirs, des voyages séparés, une économie fermée avec des produits islamiques financiers et à présent, on le voit, des récits, des émotions et des imaginaires licites pour les musulmans", poursuit-elle. 

"Mais ici, ces romances s'intègrent dans un cadre beaucoup plus large qui est celui de la rupture, c'est-à-dire qu'il dit aussi qu'il ne veut plus faire lire ou promouvoir des auteurs classiques. Donc, on a plus qu'un séparatisme désormais, on est carrément dans un projet prosélyte que j'appelle le frérisme" conclut-il.