Deux jeunes individus, âgés de 18 et 19 ans, ont écopé respectivement mardi de 18 mois de prison ferme et de 18 mois dont 12 avec sursis dans une affaire de vol de drone à destination de la prison de Strasbourg. Ce type d'engin avait entraîné la suspension des vols nocturnes d'hélicoptères d'urgence à destination d'un hôpital.
Deux jeunes majeurs ont été condamnés mardi à Strasbourg dans une affaire de vol de drone à destination de la prison de la ville, où ce type d'engin a entraîné la suspension des vols nocturnes d'hélicoptères d'urgence à destination d'un hôpital.
Les deux individus menottés et emmenés en détention
Les deux garçons, âgés de 18 et 19 ans, ont écopé respectivement de 18 mois de prison ferme et de 18 mois dont 12 avec sursis pour complicité de tentative de remise d'objets illicites à détenu par le tribunal correctionnel de Strasbourg, qui les jugeait en comparution immédiate. Ils ont été menottés et emmenés en détention.
Ils avaient été arrêtés aux toutes premières heures du 13 août lorsqu'un drone avait atterri dans une rue de Strasbourg, située entre la maison d'arrêt de l'Elsau et le grand hôpital de Hautepierre.
Les policiers, alertés par des gardiens de prison qui avaient géolocalisé le pilote du drone, avaient découvert à proximité des deux hommes un "cabas" contenant des produits stupéfiants, du tabac, de la viande et des cartes SIM.
Les prévenus étaient en possession de sept batteries de drone, ce qui laisse supposer que "toute une série d'allers-retours à destination de la prison" était prévue pendant la nuit, a relevé le procureur Félix Delaporte. "Au CHU, on ne peut plus faire atterrir les hélicoptères des services d'urgence à cause de ces ballets de drones incessants", a-t-il déploré, évoquant un "risque pour les personnes".
Des "petites mains"
La préfecture du Bas-Rhin a confirmé lundi que des drones effectuant des livraisons illégales aux détenus empêchaient les hélicoptères de se poser la nuit à l'hôpital. Ces vols d'urgence sont suspendus depuis environ trois semaines. "Je ne voudrais pas que ce soit sur les mains" des deux prévenus "que l'on retrouve le sang de personnes" qui n'auraient pu être hospitalisées à temps, a fait valoir le procureur.
L'un des deux jeunes hommes a reconnu avoir agi comme "chargeur", c'est-à-dire avoir eu pour rôle de charger le drone avec les objets destinés à des détenus. Il a confié toucher entre 50 et 100 euros pour cette mission. Il a reconnu avoir publié sur le réseau Snapchat une "publicité" incitant des détenus à passer commande auprès de lui.
L'autre prévenu, qui a déjà accumulé les condamnations pour trafic de stupéfiants, s'est défendu d'avoir agi comme "guetteur". Le pilote du drone n'a quant à lui pas été interpellé. Les défenseurs des deux prévenus les ont présentés comme des "petites mains" de trafiquants et ont appelé le tribunal à ne pas les condamner pour l'exemple du fait de la suspension des vols sanitaires.