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Les livraisons par drones aux alentours des prisons ont augmenté de 1.100% entre 2021 et 2025

Les drones (image d'illustration) [Ding Lei / XINHUA / Xinhua via AFP]

Chaque nuit, les établissements pénitentiaires sont survolés par des dizaines d'aéronefs, sous le regard démuni des agents pénitentiaires. 2,5 millions d'engins sont actuellement en circulation en France, dont une partie est entre les mains de la criminalité organisée. Les narcotrafiquants s'en servent pour livrer directement en prison. Le nombre de livraisons illicites a augmenté de 1.100% entre 2021 et 2025. Comment se déroulent ces transactions ?

La transaction s'opère généralement la nuit, à l'abri des regards. Un livreur, recruté par les chefs de réseau, se positionne à proximité de la prison. Pour sa mission, il est payé entre 50 et 100 euros. Sur son drone, il positionne un ou plusieurs colis numérotés pour chaque détenu. À l'intérieur du paquet, un portable ou encore du cannabis. Des drones pour la plupart indétectables.

Un tiers des prisons équipées de systèmes anti-drones

Aujourd'hui, à peine 60 prisons sur les 180 centres pénitentiaires disposent de brouilleurs. Un chiffre que confirme la Chancellerie, qui entend toutefois augmenter le nombre d’établissements pénitentiaires équipés de ces dispositifs, notamment à travers le plan "zéro portable" qui prévoit le déploiement de 19 nouveaux dispositifs avant la fin du 1er trimestre 2026, soit une augmentation de +33 %.

Mais pour Wilfried Fonck, du syndicat Ufap-Unsa, cela n’est pas suffisant, d'autres mesures doivent être envisagées : "Aujourd'hui, ce qu'il faudrait, au-delà des systèmes de brouillage de drones, c'est d'avoir véritablement une sorte de couverture au-dessus des établissements pénitentiaires, mettre des filets qui permettraient d'éviter que les drones ne puissent déposer leurs colis". 

Un tel dispositif, par exemple pour la prison de la Santé, coûterait 250.000 euros. Aujourd'hui, à peine un quart des prisons françaises sont dotées de filets antiprojections.

6 livraisons par drone chaque jour

L’administration pénitentiaire peine ainsi aujourd’hui à lutter contre les jets de colis dans les prisons. Le nombre de livraisons par drone est passé de 37 en 2021 à 2121 en 2025, soit une augmentation de plus de 1.100 %. Aujourd’hui, ce sont donc six livraisons par jour qui arrivent directement dans les mains des détenus.

Du côté du ministère de la Justice, cette forte augmentation du nombre de tentatives de survol recensées "ne traduit pas une explosion du phénomène, mais l’amélioration très nette de sa détection". Pour la Chancellerie, ces chiffres s’expliquent par les investissements importants réalisés ces dernières années par l’administration pénitentiaire pour déployer des dispositifs de lutte anti-drone performants qui s'adaptent à l'évolution des technologies.