Figure incontournable des matinales d'Europe 1, Olivier De Lagarde raconte les coulisses de sa revue de presse devenue un rendez-vous apprécié des auditeurs. Entre nuits écourtées, passion pour la musique et travail solitaire, le journaliste dévoile sa méthode et son amour du récit radiophonique.
Une vie nocturne. A l'occasion de la semaine spéciale "Grande famille Europe 1", Olivier De Lagarde raconte les coulisses de sa revue de presse lors de l'émission Culture Médias .
Olivier De Lagarde revendique volontiers sa culture musicale éclectique qui accompagne désormais sa revue de presse : "J'aime retrouver de vieux sons. C'est une sorte de Madeleine de Proust. Et puis j'ai 60 ans, donc forcément, je ne suis pas aussi affûté sur le rap. Anissa Haddadi me parle parfois d'artistes ou de morceaux le matin, je ne comprends absolument rien."
Au fil du temps, les chansons sont devenues une véritable signature de ses chroniques : "Au départ, ce n'était pas pensé pour ça. Puis c'est devenu un gimmick. Et quand il n'y a pas de musique, on me le reproche presque. Alors j'essaie toujours de trouver une petite illustration musicale. Ça met un peu de sourire dans la matinale. L'actualité n’est pas toujours très joyeuse."
Trois rendez-vous chaque matin
Depuis son arrivée sur Europe 1 en 2023, Olivier De Lagarde a vu sa présence à l'antenne grandir : "Au début, il n'y avait qu'une revue de presse en fin de matinale. Aujourd’hui, j’en fais trois : 6h45, 7h45 et 8h45."
Le journaliste explique que chacune possède sa propre logique : "Celle de 7h45 est totalement différente de celle de 6h45, parce que ce sont souvent les mêmes auditeurs. À 6h45, on les réveille. À 7h45, ils sont dans leur salle de bain. À 8h45, en revanche, je reprends souvent la trame de la première revue de presse, car ce ne sont généralement plus les mêmes personnes qui écoutent."
Pour préparer ses chroniques, Olivier De Lagarde suit une organisation extrêmement rigoureuse : "À 21h30, je suis au lit avec ma tablette et je commence à lire les journaux. À minuit, quoi qu'il arrive, j'éteins. Et à 3h10, le réveil sonne."
Quelques heures plus tard, le journaliste est déjà à Europe 1. "À 4h, je suis à la radio. Je termine les lectures que je n'ai pas pu faire la veille, notamment L'Équipe ou la presse régionale. Puis à 5h15 maximum, il faut commencer à écrire."
La matinale est une course permanente contre la montre selon le journaliste : "Quand je suis très en avance, j'ai terminé à 6h47. Sinon, c'est souvent 6h48, parfois même 6h48 et 40 secondes."
"La radio, c’est raconter des histoires"
Pour Olivier De Lagarde, la revue de presse dépasse largement le simple résumé de l'actualité : "Il y a des jours où une grosse information s'impose naturellement. Et puis d’autres où l'actualité est plus éclatée. Dans ces cas-là, j'aime aller chercher des petites histoires, des détails, des faits qui, mis ensemble, racontent autre chose."
Le journaliste considère la transition comme un élément essentiel de l’exercice : "Le plus important, c'est de raconter une histoire. La radio, c'est ça, raconter des histoires."
Un exercice solitaire
Même si la revue de presse reste un travail très solitaire, Olivier De Lagarde apprécie l’atmosphère particulière des matinales : "On partage quelque chose de spécial quand tout le monde arrive à la rédaction au milieu de la nuit, encore à moitié endormi. Ça crée forcément des liens."
Son bureau, lui, déborde souvent de journaux et de notes. "Oui, je prends beaucoup de place", reconnaît-il en riant. "C'est le problème de l'exercice."
Ancien visage de la revue de presse sur France Info pendant neuf ans, Olivier De Lagarde continue de perfectionner chaque matin cet exercice qu'il affectionne particulièrement :"Je ne suis jamais totalement satisfait. Il m'arrive même de me réveiller l'après-midi en me disant : 'C'est ça que j'aurais dû faire ce matin'", conclut-il.