Au sein de l’Alliance de la presse d’information générale, 53 quotidiens français poursuivent l’entreprise américaine Brave, accusée d’utiliser leurs contenus journalistiques pour alimenter ses outils d’intelligence artificielle sans autorisation. Les éditeurs réclament 80 millions d’euros de dommages et intérêts.
L’intelligence artificielle se retrouve une nouvelle fois au cœur d’un bras de fer judiciaire. Cette fois, ce sont 53 quotidiens français qui ont décidé de passer à l’offensive contre l’entreprise américaine Brave, à qui ils réclament pas moins de 80 millions d’euros de dommages et intérêts.
L’annonce a été faite ce lundi par l’APIG (Alliance de la presse d’information générale), l’organisme qui représente la quasi-totalité de la presse quotidienne française. Parmi les médias engagés dans cette procédure figurent notamment L’Équipe, Les Échos ou encore La Voix du Nord.
Des contenus de presse utilisés sans autorisation
Les journaux reprochent à Brave d’exploiter leurs articles sans leur accord à travers les fonctionnalités d’intelligence artificielle intégrées à son moteur de recherche. L’entreprise californienne, connue pour son navigateur web concurrent de Google Chrome ou Safari, propose en effet des outils capables de résumer et synthétiser automatiquement des contenus issus de différents sites d’information.
Selon les plaignants, cette pratique permet à Brave de tirer profit du travail des rédactions sans rémunérer les éditeurs de presse ni respecter leurs droits. Les médias estiment que leurs contenus sont utilisés pour alimenter les réponses générées par l’intelligence artificielle, privant ainsi les journaux d’une partie de leur audience et de leurs revenus.
Les groupes de presse réclament davantage de transparence sur les sources utilisées par ces technologies ainsi qu’une rémunération lorsque leurs contenus servent à générer des réponses ou des résumés destinés aux internautes.
Les 53 quotidiens français demandent au total 80 millions d’euros de réparation. Une première audience est d’ores et déjà prévue devant le tribunal judiciaire de Paris le 10 septembre.