Quand Saccomano donnait des conseils à Baroin : "Tu vas dans l’Aube ? C’est le coin le plus moche de France !"

, modifié à
  • A
  • A
Partagez sur :
Reporter à Europe 1 au début de sa carrière professionnelle, François Baroin a côtoyé pendant plusieurs années Eugène Saccomano. Il raconte ses souvenirs dans Culture Médias.
RÉACTION

Avant d’être un homme politique, plusieurs fois ministre, plusieurs fois député, François Baroin a été journaliste à Europe 1. C’est dans les anciens locaux de la station, rue François 1er à Paris, que l’actuel maire de Troyes a rencontré Eugène Saccomano. Au lendemain de la disparition de cette voix légendaire du commentaire sportif, François Baroin raconte sur Europe 1 ses souvenirs d’avec "Sacco".

Les président de l’Association des maires de France garde ainsi "un souvenir très fort" d’Eugène Saccomano. "Je suis arrivé, j’étais jeune reporter. Il était au fond de la rédac avec cet open space rue François 1er . Il sautait comme un diable de son bureau", sourit François Baroin, qui raconte sa première rencontre avec "Sacco" : "Il me dit ‘mais t’es qui toi ?’ Je réponds que je vais faire le flash. Il me dit ‘n’oublie jamais, Quand il y a un match nul 0-0, tu ne dis jamais zéro partout’", rigole-t-il.

"Pour Saccomano, tout était au nord de Marseille"

Et puis un jour, François Baroin a quitté Europe 1 pour se lancer à l’assaut de la mairie de Troyes (qu’il occupe depuis 1995). "Je me souviens quand je lui ai dit que j’allais faire de la politique, il ma dit ‘tu vas ou ? Dans l’Aube ! Oh là là, c’est le coin le plus moche de France : des grandes plaines, la nuit qui tombe dans un grand fracas à 17h pendant l’hiver. Tu vas te faire chier’", s’amuse encore, des années plus tard, François Baroin. "Il faut dire que pour Saccomano, tout était au nord de Marseille. Dès qu’on dépassait les quartiers nord, l’Estaque, il faisait froid."

"Il était généreux, gentil, sensible, il avait une culture incroyable. C’était une personnalité formidable, qui m’a beaucoup marqué", poursuit l’ancien député de l’Aube. "Il avait une culture universelle. Une culture littéraire, il était passionné de Céline, passionné des grands auteurs. C’était un homme du sud rocailleux, une personnalité chaleureuse. Il donnait des conseils. Il engueulait, mais c’était toujours bienveillant, gentil délicat", conclut-il.