Première de Vous avez la parole sur France 2 : "Beaucoup d’éclats de voix et pas beaucoup de fond"

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Alexandre Kouchner, enseignant à Sciences-Po, dresse sur Europe 1 un bilan critique de la nouvelle émission politique de France 2, dont la première était diffusée jeudi soir.
ANALYSE

Pas d’invité en majesté, du débat, rien que du débat. Telle était la promesse de Vous avez la parole, la nouvelle émission politique. Le premier numéro était diffusé jeudi soir avec comme invité principal Xavier Bertrand, le président de la région Hauts-de-France. Seuls 1,27 million de téléspectateurs étaient devant leur écran pour suivre cette nouvelle formule. "Ils doivent, ils vont tirer les enseignements de cette première", a commenté vendredi matin sur Europe 1 Alexandre Kouchner, enseignant à Sciences-po. "C’est difficile une première, c’est toujours un peu compliqué", a tempéré celui qui est aussi rédacteur en chef de la revue trimestrielle Européens.

Pour lui, le bilan de la soirée est clairement négatif, sur la forme comme sur le fond. "Il faut désormais rapprocher les citoyens de la politique et on le fait avec des journalistes qui sont au moins aussi décriés que les hommes et les femmes politiques eux-mêmes", a jugé Alexandre Kouchner.

"Pas sûr qu’on en ressorte grandi"

"Pas sûr qu’on en ressorte grandi. C’était long, c’était cacophonique. C’était presque trop : 15 invités, beaucoup de doublons, avec deux ministres, on n’a pas très bien compris pourquoi.  Des invités dont on ne sait pas s’ils ont parlé à un moment. Il y avait, hélas, beaucoup d’éclat de voix et pas nécessairement beaucoup de fond", a-t-il résumé.

"Il  y avait sans doute un peu trop de monde. Il y avait ce format un peu flottant de cet invité principal qui se fond dans le débat mais à qui on doit quand même donner la parole un peu plus que les autres", a encore pointé Alexandre Kouchner. "Il y a une question de fond : il y avait parmi ces quinze personnalités représentatives trois personnes qui étaient là pour représenter des citoyens. On les a très peu ou trop peu entendues. Elles étaient celles qui recentraient le mieux le débat, avec des paroles courtes, des paroles vraies. Ça s’appelait 'Vous avez la parole', on n’a en fait pas très bien compris qui l’avait", a-t-il conclu.