Rien ne va plus à la rédaction de "Science & Vie"

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Un an après le rachat du magazine de vulgarisation scientifique "Science & Vie" par le groupe Reworld Media, les journalistes de la rédaction font le constat de promesses non tenues et s'opposent à leur direction, sur fond de pratiques journalistiques discutables.

L’ambiance n’est pas au beau fixe dans l’équipe du mensuel Science & Vie. Il y a un an, le magazine de vulgarisation scientifique a été racheté par le groupe Reworld Media. La société s'est offert le groupe Mondadori, auquel appartient Science et vie, mais aussi Auto Moto, Closer ou encore Grazia. Montant de l’opération : 70 millions d’euros. Libération révèle que cette première année au sein du groupe Reworld Media ne s’est pas passée sans heurts.

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La rédaction de Science & Vie en est arrivée à adresser un courrier à sa nouvelle direction pour faire part de son inquiétude au sujet de l’avenir du magazine. Les journalistes mettent en avant deux sujets : l'absence des embauches promises et des pratiques éditoriales douteuses. En un an, un tiers des effectifs a quitté le magazine. Reworld Media s'était engagé à recruter trois nouveaux journalistes. Une promesse restée lettre morte un an plus tard.

Mais, plus grave, la rédaction dénonce la publication, sur le site internet du titre, d'articles dont elle n’a pas été informée. Des contenus web que les journalistes n'ont ni écrits, ni même relus. En effet, ce n'est pas une journaliste mais une "chargée de contenu", employée directement par Reworld Media, qui a rédigé les "articles" en question, sans aucune supervision de la rédaction de Science & Vie.

Une possible démission collective des journalistes

Selon Libération, ce fonctionnement est assez classique dans les titres de presse rachetés par Reworld Media : les rédactions sont réduites à peau de chagrin, puis des contenus, parfois payés par des annonceurs, sont écrits par des "chargés de contenu" et publiés comme des articles traditionnels.

De quoi pousser certains membres de l’équipe de Science & Vie à envisager une démission collective. Ils rappellent en effet qu'ils ont encore la possibilité d'utiliser leur clause de cession. Une spécificité du droit du travail qui permet aux journalistes de quitter leur entreprise (tout en conservant leur droit au chômage) lorsqu'elle change de propriétaire.

Europe 1
Par Charles Decant avec Alexis Patri