Comment le passage au numérique est devenu une "obligation" pour Le Canard enchaîné

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Canard enchaîné hebdo satirique 1:34
Le Canard enchaîné dispose de son propre site, sur lequel il est possible d'accéder aux archives du titre. © Capture d'écran Le Canard enchaîné.
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Pour la première fois de son histoire, le célèbre "hebdomadaire satirique paraissant le mercredi" est disponible en ligne, avec une édition accessible le mardi soir, à 23 heures. Au micro d'Europe 1, le directeur de la rédaction du Canard enchaîné, Nicolas Brimo, avance les raisons qui ont poussé le palmipède à franchir le pas du numérique.

L'année 2020 mène décidément à tout, même aux choses que l'on ne pensait inimaginables : Le Canard enchaîné, dernier titre de presse emblématique à ne pas disposer de version numérique, a décidé de sauter le pas. Pour la première fois, il est possible d'acheter l’hebdomadaire satirique ailleurs que chez un marchand de journaux ou par abonnement. Sa première édition en ligne a été publiée dès mardi soir à 23 heures sur le site lecanardenchaine.fr.

La réflexion de l’hebdomadaire ne date pas d’hier, mais la transition vers le numérique s’est accélérée à cause de plusieurs facteurs, à commencer par la faillite du distributeur Presstalis.

Beaucoup moins de points de vente

D'autres raisons sont aussi avancées : "En France, il y avait 32.000 points de vente il y a dix ans, il en reste aujourd'hui entre 20.000 et 22.000", explique le directeur de la rédaction du Canard enchaîné, Nicolas Brimo. "Dans beaucoup de villes ou villages comptant moins de 2.500 habitants, les points de vente ont disparu."

"Les gens n'ont qu'une possibilité : aller le chercher dans la grande surface la plus proche de chez eux, mais il faut faire des kilomètres de voiture pour y aller", poursuit le directeur de la rédaction. "Souvent, ils ne veulent pas y aller le mercredi, jour de parution du Canard, parce que c'est le jour des enfants, ni le samedi, jour des familles. Ils l'achètent donc le vendredi, mais insistent ensuite sur le fait qu'ils veulent le lire le mercredi."

L'abonnement numérique plus avantageux

Enfin, les relayages dans les infrastructures de transports "fonctionnent peu pour les gares et absolument pas pour les aéroports", avec la baisse drastique de la mobilité en raison du coronavirus. Dans ces conditions, "le passage au numérique devient une obligation pour les lecteurs et nous-mêmes", assure Nicolas Brimo.

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