Yémen : pas d'escale au Havre pour le cargo saoudien qui devait charger des armes

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Le Bahri Yanbu devrait poursuivre sa route vers le nord de l'Europe.
Le Bahri Yanbu devrait poursuivre sa route vers le nord de l'Europe. © LOIC VENANCE / AFP
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Ce cargo saoudien, qui stationnait au large du Havre depuis plusieurs jours, devait prendre livraison d'armes françaises. Plusieurs ONG se sont alarmées du risque qu’elles soient utilisées contre des civiles au Yémen.

Le cargo saoudien Bahri Yanbu, attendu depuis plusieurs jours au port français du Havre où il devait procéder à un chargement d'armes, source de controverses, ne fera finalement pas escale dans le port français, indique vendredi une source portuaire. 

Attendu mercredi au port, le cargo mouillait depuis plusieurs jours au large du Havre (nord-ouest) tandis que la polémique n'a cessé d'enfler en France sur la destination des armes qu'il devait embarquer, plusieurs associations affirmant qu'elles pourraient être utilisées "contres des civils" au Yémen. Selon le site d'investigation Disclose, ce navire devait prendre livraison de huit canons de type Caesar. Le président Emmanuel Macron a indiqué jeudi "assumer" la vente d'armes françaises à l'Arabie saoudite, assurant avoir la "garantie" qu'elles "n'étaient pas utilisées contre des civils" au Yémen.

Un recours en urgence

L'Acat (Action des chrétiens pour l'abolition de la torture) et l'ONG Action Sécurité Ethique Républicaines (ASER) avaient de leur côté déposé des recours en urgence au tribunal administratif de Paris pour empêcher le départ du Havre du cargo chargé d'armes.  Ce recours a été rejeté vendredi. L'Action des chrétiens pour l'abolition de la torture (Acat) entendait contester la décision de la Direction générale des douanes d'autoriser le cargo Bahri Yanbu battant pavillon saoudien à procéder au chargement et à l'exportation de ces armements. 

Si le tribunal administratif n'exclut pas que des canons Caesar soient "susceptibles" d'être utilisés au Yémen dans des zones où se trouvent des civils mais assure que cette hypothèse ne suffit pas à caractériser "une situation d'urgence" justifiant d'empêcher le départ du cargo saoudien.

L'inquiétude des ONG

Plusieurs autres organisations comme Human Rights Watch, Amnesty International ou l'Observatoire des armements sont également vent debout contre ces ventes. Le cargo était passé par le port belge d'Anvers puis par la Grande-Bretagne avant de se diriger vers Le Havre. Il fait désormais route vers le nord de l'Europe avant de se diriger vers Santander (Espagne), selon plusieurs sources. En Belgique, des ONG soupçonnent la compagnie nationale saoudienne Bahri d'avoir régulièrement, depuis l'été dernier, chargé des armes ou des munitions à destination de Ryad.