Un gigantesque nuage de pollution a été constaté ce week-end dans la capitale américaine après les quelques 850.000 feux d'artifice pour célébrer les 250 ans des États-Unis.
Une nuage de pollution qui a conduit la ville de Washington au sommet d'un classement peu enviable. La capitale des Etats-Unis est brièvement devenue la ville la plus polluée au monde dans la nuit du samedi 4 au dimanche 5 juillet selon les données de IQAir, après l'immense feu d'artifice tiré pour la fête nationale américaine.
L'entreprise de pyrotechnique Pyrotecnico prévoyait un record du monde avec près de 850.000 feux d'artifice tirés en 40 minutes malgré les alertes des experts qui avaient prédit qu'un tel volume de tirs concentrés en un court laps de temps risquait de dégrader la qualité de l'air de la capitale américaine.
"Code violet"
La concentration de particules fines a dépassé les 200 microgrammes par mètre cube sur l'un des sites de mesures, selon les données consultées par l'AFP. En comparaison, l'Agence de protection de l'environnement américaine plafonne l'exposition à 35 microgrammes par mètres cube, sur une durée de 24 heures. Les particules fines d'un diamètre inférieur à 2,5 micromètres sont capables de pénétrer profondément dans les poumons et peuvent entraîner des risques sanitaires immédiats comme à long terme.
Le "code violet", une alerte correspondant à une qualité de l'air considérée comme très mauvaise pour la population, a été émis dans une grande partie de Washington ainsi que dans les États voisins du Maryland et de la Virginie.
La porte-parole de l'agence américaine de protection de l'environnement (EPA), Brigit Hirsch, a essayé de minimiser la pollution. "Les feux d'artifice sont formidables, et nous espérons que tout le monde a apprécié les spectacles incroyables organisés dans la capitale fédérale et ses environs pour célébrer les 250 ans de l'Amérique", a-t-elle affirmé.
Des orages qui ont permis "d'éviter le pire"
Selon d'autres scientifiques, les fortes pluies ont contribué à dissiper la fumée. "Des orages se sont produits avant, pratiquement pendant et après le feu d'artifice, et cela nous a permis d'éviter le pire" a expliqué Russell Dickerson, spécialiste des sciences atmosphériques à l'université du Maryland.
La qualité de l'air est revenue à des niveaux habituels vers midi dimanche. "Nous sommes passés tout près d'un scénario bien plus grave. Il était réellement déconseillé à quiconque de rester à l'extérieur", a-t-il ajouté.
Pyrotecnico, employé pour l'évènement, espère avoir battu le record du monde du plus grand feu d'artifice jamais organisé détenu par les Philippines depuis le 1er janvier 2016 avec quelques 810.000 pièces pyrotechniques. La prouesse est en cours d'analyse par le Guinness World Records. "À ce stade, nous ne sommes pas en mesure de confirmer si le record a été battu. Nous ne pourrons nous prononcer qu'après réception et analyse complète des éléments de preuves par nos équipes", a indiqué le porte-parole de Guinness World Records à l'AFP.