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Des laboratoires américains dévoilent des résultats encourageants pour un vaccin thérapeutique contre le cancer de la peau

[CHRISTIAN CHARISIUS / DPA / dpa Picture-Alliance via AFP]

Moderna et Merck ont dévoilé des résultats encourageants pour un vaccin expérimental destiné aux patients atteints d'un mélanome avancé.

Une piste prometteuse dans la lutte contre le cancer de la peau. Les laboratoires américains Moderna et Merck ont dévoilé des résultats encourageants pour un vaccin expérimental à ARN messager contre le mélanome avancé. Conçu sur mesure pour chaque patient, il permettrait de réduire fortement le risque de récidive lorsqu'il est associé au traitement habituel.

Un enjeu de taille puisque le mélanome est l'une des formes les plus agressives de cancer de la peau et que le nombre de cas ne cesse d'augmenter dans le monde. En France, il provoque chaque année près de 2.000 décès.

Un vaccin testé sur un panel de 1.100 personnes

La particularité de ce vaccin est d'être conçu sur mesure pour chaque patient. À partir des mutations identifiées dans sa tumeur, il entraîne le système immunitaire à reconnaître et à attaquer les cellules cancéreuses.

C'est tout le principe de l'ARN messager, explique Gaëlle Quereux, spécialiste des cancers cutanés au CHU de Nantes : "En se servant de la tumeur même du patient, on fait un traitement personnalisé et on lui donne à lui les armes pour se débarrasser de sa tumeur, schématiquement. C'est-à-dire qu'on ne sait pas uniquement grâce à ce qu'on lui injecte, c'est vraiment grâce à sa propre immunité. C'est ça qui est extrêmement novateur".

Testé sur plus de 1.100 personnes, le vaccin, combiné au traitement habituel, réduit nettement le risque de récidive. Les deux laboratoires doivent désormais présenter leurs résultats lors d'un congrès médical, avant d'engager les démarches en vue de sa commercialisation.

Un traitement lourd à produire

Etendre cette approche à d'autres organes que la peau est envisageable, mais le traitement reste lourd à produire, souligne la professeure : "Ça peut tout à fait fonctionner dans d'autres types de tumeurs. Une limite, c'est la production de ce vaccin, qui est quand même assez compliquée sur le plan logistique. Il faut des équipes très solides derrière. Il faut avoir de la tumeur parce que c'est à partir de la tumeur qu'on produit le vaccin. Donc elle est plus ou moins facilement accessible, cette tumeur". 

Surtout, cela ne peut pas fonctionner sur tous les cancers. Certaines tumeurs dites froides ont du mal à être reconnues par le système immunitaire. En revanche, pour d'autres, les recherches avancent. Des essais sont en cours, notamment sur les cancers du poumon, du pancréas et du rein.