"Très sympa", "les pieds sur terre", "très drôle" : son ex-sténographe raconte Barack Obama

  • A
  • A
Partagez sur :
En 2012, à l'âge de 25 ans, Rebecca Dorey-Stein est devenue la sténographe de Barack Obama. Jusqu'en 2017, elle voyagera avec lui autour du monde, au plus proche du 44ème président des Etats-Unis. Derrière le leader politique, elle découvre un "père de famille", "un mari". Sur Europe 1, elle raconte son expérience avec ce "collègue" pas comme les autres. 
INTERVIEW

Le 44ème président des Etats-Unis, Barack Obama, a publié mardi le premier tome de ses mémoires en France et aux Etats-Unis - Une terre promise, aux éditions Fayard - dans lequel il revient sur son mandat. En 2012, âgée de 25 ans, Rebecca Dorey-Stein​ devient sa sténographe à la Maison-Blanche. Elle a raconté cette expérience "en coulisses" dans un ouvrage, Good Morning Mister President, qui pourrait être adapté prochainement au cinéma, et revient sur cette période de voyages et de découverte de l'homme derrière le leader politique, sur Europe 1. 

Des voyages autour du monde 

C'est presque par hasard que Rebecca Dorey-Stein accède à la Maison-Blanche. "C'est une vraie saga, une sorte de conte de fées. Je cumulais cinq petits boulots, dont prof d'anglais, et j'ai vu une annonce postée sur Internet pour un poste à Washington", raconte-t-elle. Elle n'y accorde que peu d'importance, va même jusqu'à annuler son deuxième entretien avant de recevoir un appel qui va bouleverser sa vie. "J'ai reçu un coup de fil qui me disait que c'était en fait un poste à la Maison-Blanche. Et que je voyagerais avec le président. J'étais scotché. Je leur ai répondu 'mais le président de quoi ? de quoi parlez-vous ?'"

Au service de Barack Obama, la jeune femme est chargée d'enregistrer tout ce que le président démocrate déclare aux journalistes, afin de le retranscrire pour les archives officielles. Dotée d'un "badge bleu", "le Graal" ou "la Maserati des badges", plaisante-t-elle, elle a accès à tous les lieux de pouvoirs de la Maison-Blanche, bureau ovale compris. Aux côtés du leader américain, elle voyage autour du monde. "J'ai dû aller dans une cinquantaine de pays avec lui, j'avais même un siège attitré dans Air Force One. C'était vraiment cool", explique-t-elle. 

"On est allé partout en Europe, au Japon, en Chine", énumère-t-elle, particulièrement enthousiasmée par le souvenir de Paris. "J'ai pu accompagner le président et sa famille en vacances. Nous allions à Hawaï chaque Noël et à Martha's Vineyard en été. C'était très sympa", ajoute-t-elle. 

Apprendre à découvrir "l'homme, le père de famille, le mari, comme un collègue"

Rebecca Dorey-Stein se souvient de la personnalité de Barack Obama "très sympa", "les pieds sur terre" et qui "met tout le monde à l'aise". Outre le chef politique, elle côtoie aussi d'autres facettes de sa personnalité. "Travailler aux côtés du président, le côtoyer d'aussi près, c'est ce que je retiens le plus. Parce que j'ai pu connaître non seulement le président, mais aussi l'homme, le père de famille, le mari, comme un collègue. Il travaillait beaucoup, mais pouvait aussi être très drôle en coulisses. Je pense que tout le monde a perçu son sens de l'humour", souligne l'ancienne sténographe devenue désormais romancière. "Lui et moi avions un rapport particulier parce que quand il voyageait à l'étranger, on se réveillait tôt pour aller à la salle de gym de l'hôtel. Il s'est retrouvé sur le tapis à côté, et c'est là d'ailleurs qu'il m'a pour la première fois adressé la parole. Il m'a chambré sur la vitesse. Il pensait que je pourrais courir plus vite."

Après le départ de Barack Obama et l'arrivée de Donald Trump a la tête des Etats-Unis, Rebecca Dorey-Stein reste encore deux mois en poste. "J'ai vu la transition et combien c'était radicalement différent". "Une fois, à bord d'Air Force One, je crois qu'il s'est perdu dans l'avion. Il s'est retrouvé au niveau de mon siège, ce qui n'a aucun sens pour le président. Alors je me suis levée et il s'est avancé vers moi. C'était gênant. Il était vraiment dans mon espace personnel, ce qui n'était pas très surprenant venant de Donald Trump. Il m'a dit bonjour, j'ai répondu et là il s'est encore approché de moi. Heureusement, l'un de ses conseillers est venu le chercher et lui a dit 'Monsieur le président, je crois que vous voulez aller dans la salle de presse'", raconte-t-elle. "Comme n'importe quel avion, il n'y a qu'une seule allée mais il a réussi à se perdre." 

Europe 1
Par Mathilde Durand