Treize militaires français tués au Mali dans l'accident de deux hélicoptères

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Les Français morts étaient engagés au sein de l'opération Barkhane. Photo d'illustration.
Les Français morts étaient engagés au sein de l'opération Barkhane. Photo d'illustration. © CHRISTOPHE PETIT TESSON / POOL / AFP
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La présidence de la République a annoncé mardi matin la mort de treize militaires français au Mali, engagés lors de l'opération Barkhane, après l'accident de deux hélicoptères. Les soldats français appartenaient à quatre régiments.
L'ESSENTIEL

Treize militaires français ont trouvé la mort au Mali dans une collision accidentelle de deux hélicoptères lors d'une opération de combat contre des djihadistes, a annoncé mardi l'Élysée. Ces treize militaires morts lundi soir étaient engagés au sein de la force Barkhane. La collision accidentelle a eu lieu dans une région du Mali frontalière avec le Niger et le Burkina Faso. Elle provoque l'un des plus lourds bilans humains essuyé par l'armée française depuis l'attentat du Drakkar, à Beyrouth en 1983.

Les infos à retenir :

  • Les treize soldats sont morts en opération contre des djihadistes, lundi soir
  • Les régiments de Pau, Varces, Gap et Saint-Christol sont endeuillés
  • Emmanuel Macron salue leur "courage" de soldats qui "n'avaient qu'un but", "nous protéger"

Que sait-on de l'accident ?

La collision accidentelle entre un hélicoptère Cougar et un hélicoptère Tigre a eu lieu lundi soir peu avant 20 heures au Liptako, une zone étendue entre le Mali, le Niger et le Burkina Faso, et plus précisément dans la région de Ménaka. Ces soldats ont été appelés en renfort alors que des commandos étaient aux prises avec l'ennemi, lundi soir, selon nos informations.

"Engagés au sol depuis quelques jours, les commandos traquaient un groupe de terroristes, décelés quelques heures plus tôt, qui évoluaient en pick-up et à motos", indique l'état-major des armées dans un communiqué. "Très rapidement, ils ont été renforcés par des hélicoptères et une patrouille de Mirage 2000. Un hélicoptère Cougar, avec à son bord six commandos de montagne et un chef de mission, a alors été engagé pour coordonner l’ensemble des moyens, tout en étant en mesure d’intervenir pour assurer 'l’extraction immédiate' d’un élément au sol."

La ministre des Armées, Florence Parly, a indiqué qu'"une enquête (a été) ouverte afin de déterminer les circonstances exactes de ce drame". Selon les informations d'Europe 1, les boîtes noires des appareils ont été récupérées. Le Bureau d'enquête et analyse-Défense va mener les investigations. 

Qui sont les militaires morts au combat ?

Le régiment le plus touché par ces pertes est le 5e régiment d'hélicoptères de combat de Pau avec six morts : le capitaine Nicolas Mégard, le capitaine Benjamin Gireud, le capitaine Clément Frisonroche, le lieutenant Alex Morisse, le lieutenant Pierre Bockel, l’adjudant-chef Julien Carette, le brigadier-chef Romain Salles de Saint-Paul. 

Trous autres régiments sont endeuillés : le 4e régiment des chasseurs de Gap, le 93e régiment d'artillerie de montagne de Varces et le 2e régiment étranger du génie de Saint-Christol. Les soldats morts sont le capitaine Romain Chomel de Jarnieu (4e Régiment de chasseurs de Gap), le maréchal des logis-chef Alexandre Protin (4e Régiment de chasseurs de Gap), le maréchal des logis Antoine Serre (4e Régiment de chasseurs de Gap), le maréchal des logis Valentin Duval (4e Régiment de chasseurs de Gap), le maréchal des logis-chef Jérémy Leusie (93e Régiment d’artillerie de montagne de Varces), le sergent-chef Andreï Jouk (2e Régiment étranger de génie de Saint-Christol).

Macron salue leur "courage"

Emmanuel Macron a d'abord salué "avec le plus grand respect la mémoire de ces militaires de l'armée de terre, six officiers, six sous-officiers, et un caporal-chef, tombés en opération et morts pour la France dans le dur combat contre le terrorisme au Sahel", dans un communiqué. "Le Président de la République exprime son soutien le plus total à leurs camarades de l’armée de terre et des armées françaises".

Dans un second temps, le chef de l'État a pris la parole sur Twitter : "Ces treize héros n’avaient qu’un seul but : nous protéger. Je m’incline devant la douleur de leurs proches et de leurs camarades." 

Sur Twitter, le Premier ministre Édouard Philippe a témoigné de son "infinie gratitude" envers les treize soldats "morts dans leur mission contre les terroristes islamistes au Sahel".

Le reste de la classe politique a rendu hommage à ces soldats "qui luttent contre le terrorisme, pour notre sécurité et nos libertés" (Richard Ferrand, président de l'Assemblée nationale). Les responsables nationaux comme Marine Le Pen (présidente du Rassemblement national) et Gilles Le Gendre (patron des députés LREM) apportent tout leur "soutien" et leurs "pensées" à leurs familles endeuillées.

Quel est le bilan des pertes françaises au Mali ?

Cet accident porte à 38 le nombre de militaires français tués au Mali depuis le début de l'intervention française dans ce pays du Sahel en 2013, avec l'opération Serval. Le dernier mort était le brigadier Ronan Pointeau, 24 ans, tué début novembre dans l'explosion d'un engin explosif. Le dernier accident mortel d'hélicoptères dans l'armée remonte à février 2018, lorsque deux hélicoptères d'une école de l'armée de Terre s'étaient écrasés dans le Var, à une cinquantaine de kilomètres de Saint-Tropez, après une collision en vol, faisant cinq morts.

Europe 1
Par Europe 1 avec AFP