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Suspension de Schengen avec l’Espagne : en Italie, une décision qui divise après la crise migratoire à Ceuta

Giorgia Meloni est aussi accusée de faire de la propagande et d’utiliser cette crise pour durcir le ton sur l’immigration. [Massimo Valicchia / NurPhoto / NurPhoto via AFP]

Après l’afflux massif de migrants à Ceuta, les ministres de l’Intérieur européens se réunissent mardi pour tenter de préparer une réponse commune. En Italie, la décision de suspendre Schengen avec l’Espagne divise : certains saluent la mesure, d’autres dénoncent une manœuvre politique de Giorgia Meloni.

La réunion de crise entre les ministres de l’Intérieur européens se tient mardi avec, à l’ordre du jour, la situation à Ceuta. Pour rappel, la quasi-totalité des migrants entrés illégalement, soit 60.000 personnes au total, sont retournés au Maroc. Cette visioconférence aura surtout un objectif : déterminer comment faire face à un nouvel épisode de ce type.

La crise migratoire a provoqué une autre crise entre Madrid et Rome. L’Italie a déclaré suspendre l’espace Schengen à l’Espagne. Une suspension qui, théoriquement, doit durer tout le mois d’août. Alors qu’en pensent concrètement les Italiens ?

"Ce n’est pas une question de racisme"

Contrôlées dans les aéroports et les ports, les personnes qui arrivent d’Espagne voient cette décision saluée par Pasqual et Grazia. "Il y a énormément de monde qui arrive. Le gouvernement n’a pas fait beaucoup de bonnes choses, mais ça, c’en est une. Ce n’est pas une question de racisme, mais on est déjà trop nombreux, et il en arrive encore davantage", réagit l’homme dans un premier temps.

"C’est une décision très difficile, mais je ne me sens pas de la condamner, parce que malheureusement, accueillir des gens sans avoir le moindre plan pour leur permettre de vivre dignement en Italie, c’est comme ne pas les accueillir. C’est même pire à mon avis", soutient sa conjointe.

"C’est de la pure folie"

Giorgia Meloni est aussi accusée de faire de la propagande et d’utiliser cette crise pour durcir le ton sur l’immigration. "C’est de la pure folie. De la pure démence. L’Italie accueille déjà des dizaines de milliers d’immigrés par an. Et Giorgia Meloni ne fait rien. Et puis elle voit 60.000 personnes arriver chez les autres, à la nage, et elle veut fermer Schengen ? Franchement, c’est Meloni qu’il faudrait renvoyer", dénonce cet Italien interrogé par Europe 1.

L’Espagne accuse l’Italie de ne pas réussir à gérer l’immigration clandestine. Rome répond en affirmant que les arrivées de migrants ont diminué : 16.000 cette année, contre environ 35.000 sur la même période en 2025 et en 2024.