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Qu’est-ce que la cychlorphine, cette drogue 10 fois plus puissante que le fentanyl qui se répand aux États-Unis ?

Aux États-Unis, l’objectif est désormais de mieux mesurer la circulation de cette substance. [Pexels ]

Elle n’est pas encore aussi connue que le fentanyl, mais elle inquiète déjà les autorités américaines. La cychlorphine, un opioïde de synthèse particulièrement puissant, a été retrouvée dans plusieurs cas d’overdose aux États-Unis. 

Une nouvelle drogue de synthèse inquiète les autorités américaines. Elle est connue sous le nom de "cychlorphine". Cette substance, particulièrement puissante, a été retrouvée dans plusieurs cas d’overdose aux États-Unis. Le phénomène reste récent, mais les signalements se multiplient.

Une drogue très puissante

La cychlorphine est un opioïde de synthèse. Elle agit sur les mêmes récepteurs du cerveau que d’autres opioïdes, comme le fentanyl. Sa puissance pourrait être environ dix fois supérieure à celle du fentanyl. Cette comparaison doit toutefois être prise avec prudence, car les estimations varient selon les méthodes utilisées pour mesurer la puissance des opioïdes.

Le risque principal est celui d’une dépression respiratoire. À forte dose, la substance peut provoquer une perte de connaissance, un coma et entraîner la mort.

L’une des principales difficultés vient de la manière dont la cychlorphine circule. Elle peut se présenter sous forme de poudre ou être incorporée dans des comprimés. Elle peut également être mélangée à d’autres drogues, notamment à des opioïdes ou à des stimulants. C'est un produit peu cher et surtout facile à produire. 

Pour une personne qui achète une drogue sur le marché illicite, il est donc impossible de savoir simplement à l’œil nu ce que contient réellement le produit. Cette situation peut conduire à des intoxications sans que la personne ait nécessairement conscience d’avoir consommé de la cychlorphine.

Des décès recensés aux États-Unis

Le phénomène est surveillé de près par les laboratoires médico-légaux américains. En janvier 2026, le Center for Forensic Science Research and Education (CFSRE) indiquait avoir identifié de la cychlorphine dans 25 échantillons provenant de personnes décédées après une overdose, principalement à la fin de 2025 et au début de 2026. Les cas étaient répartis dans plusieurs États américains et au Canada.

Ces chiffres ne permettent pas de déterminer à eux seuls combien de personnes ont consommé cette substance ou combien de décès lui sont directement imputables. Dans certains cas, plusieurs drogues étaient présentes dans l'organisme. Mais pour les autorités, ces détections constituent un signal d’alerte. 

Créée en 1960 en Belgique, dans un laboratoire qui cherchait à mettre au point des analgésiques capables de soulager les douleurs de patients atteints de maladies graves, notamment de cancers des os, cette substance n’est toutefois apparue que récemment dans les rues américaines. 

"La DEA (Drug Enforcement Administration), l’agence fédérale antidrogue des États-Unis, l’a identifiée pour la première fois en 2024, dans l’un de nos laboratoires en Floride", a déclaré Bob P. Beris, alors responsable de la division de San Francisco de la DEA, lors d’une conférence de presse.

Son apparition sur le marché clandestin américain est en revanche beaucoup plus récente. La substance a notamment été identifiée par des laboratoires spécialisés dans la surveillance des nouvelles drogues aux États-Unis à partir de 2024.

Depuis, les signalements se sont multipliés. Cette évolution inquiète particulièrement les autorités américaines, déjà confrontées depuis plusieurs années à une crise majeure des opioïdes, notamment liée au fentanyl.

Un problème s'impose en revanche. Les tests rapides conçus pour détecter le fentanyl ne permettent pas nécessairement d’identifier la cychlorphine.

Et en Europe ?

La cychlorphine n’est pas uniquement surveillée aux États-Unis. Des chercheurs européens ont récemment signalé sa présence dans plusieurs pays notamment en Suède, en Allemange, au Royaume-Uni, etc. En France, une étude publiée en 2026 dans la revue Clinical Chemistry and Laboratory Medicine a rapporté une première détection de la substance dans des échantillons analysés dans le cadre du dispositif de "drug checking".

Aux États-Unis, l’objectif est désormais de mieux mesurer la circulation de cette substance et de déterminer quelle place elle occupe réellement dans les overdoses recensées. 

Lorsqu’un produit vendu comme une drogue contient une substance très puissante sans que le consommateur le sache, une quantité extrêmement faible peut suffire à provoquer une overdose.