Les aéroports parisiens sont devenus un point névralgique du trafic de stupéfiants. En 2025, près de 9 tonnes de drogues y ont été saisies dans le fret aérien, soit plus du double qu’un an auparavant. Parmi elles, le cannabis occupe désormais une place centrale. Et la Thaïlande s’impose comme l’un des nouveaux points de départ privilégiés des réseaux criminels, qui diversifient leurs méthodes pour faire entrer la drogue en France.
La France est-elle devenue une véritable plaque tournante du trafic de stupéfiants ? Les chiffres donnent en tout cas la mesure du phénomène. Selon les informations d’Europe 1, près de 9 tonnes de stupéfiants ont été saisies dans les aéroports parisiens en 2025, contre 4,3 tonnes en 2024. Soit une hausse de 110 % en un an.
Autre évolution notable : le cannabis est devenu la drogue la plus saisie dans le fret aérien, une première. Il représente désormais plus de la moitié des marchandises stupéfiantes découvertes par les douaniers. Entre 2024 et 2025, les saisies de cannabis ont même triplé. Derrière cette progression, un pays attire particulièrement l’attention : la Thaïlande.
Des sociétés de façade pour faire passer les cargaisons
Pour acheminer d’importantes quantités de cannabis vers la France, les réseaux criminels ont recours à des sociétés commerciales de façade. Le procédé peut notamment consister à créer une fausse entreprise, spécialisée par exemple dans les jouets, dont les marchandises sont fabriquées en Thaïlande. Dans un premier temps, une cargaison contenant réellement les produits déclarés est expédiée vers la France. L’objectif est alors de tester le dispositif douanier.
Si la marchandise passe sans être contrôlée, les trafiquants peuvent renouveler l’opération en modifiant le contenu des cargaisons : les conteneurs suivants sont alors utilisés pour transporter du cannabis. Une méthode qui permet aux réseaux de dissimuler la drogue derrière une activité commerciale en apparence parfaitement légale.
Quand les trafiquants usurpent l’identité d’entreprises
Autre technique utilisée par les narcotrafiquants : l’usurpation de l’identité de sociétés existantes. Le nom et les informations de grandes entreprises peuvent ainsi être utilisés pour expédier des marchandises vers la France. L’objectif est notamment de bénéficier de la réputation et du statut de ces sociétés afin de réduire le risque de contrôle.
Certaines entreprises disposent en effet de certifications douanières qui peuvent faciliter le passage de leurs marchandises. Pour les trafiquants, usurper leur identité permet donc de tenter de se fondre dans des flux commerciaux considérés comme moins suspects.
De fausses recrues pour transporter les valises
Les réseaux diversifient également leurs méthodes en s’appuyant sur des voyageurs recrutés pour transporter directement la drogue par avion. Le principe : faire acheminer des valises contenant du cannabis par des "mules", parfois de jeunes Français attirés par la promesse d’un voyage ou d’une rémunération.
Cette méthode a notamment conduit à l’interpellation de onze jeunes Français depuis le début de l’été en Asie du Sud-Est. Le transport aérien devient ainsi un autre maillon de la chaîne, en complément des expéditions de marchandises par fret.
La Thaïlande, nouveau point de départ du cannabis vers la France
Si les réseaux se tournent vers la Thaïlande, c’est aussi dans un contexte particulier. En 2022, le pays a adopté une législation autorisant l’usage du cannabis sous certaines conditions, notamment avec un certificat médical.
Depuis, le pays est devenu un nouveau point de départ pour des réseaux cherchant à approvisionner le marché européen. Pour les narcotrafiquants, l’enjeu est désormais de multiplier les itinéraires et les techniques afin de contourner les contrôles.