Pour l'Union européenne, les frappes iraniennes sont un "nouvel exemple d'escalade"

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Josep Borrell Union européenne
Pour le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, "il n'est dans l'intérêt de personne d'aggraver encore la spirale de la violence". © JOHN THYS / AFP
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Après le lancement par l'Iran d'une douzaine de missiles sur une base irakienne abritant des soldats américains, l'Union européenne a réagi en enjoignant les différents protagonistes de cette crise à ne pas "aggraver encore la spirale de la violence". L'accord sur le nucléaire iranien est sur la sellette.

Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a qualifié mercredi de "nouvel exemple d'escalade" les frappes iraniennes sur des bases en Irak utilisées par des troupes de la coalition, y compris des Européens. "Les dernières attaques à la roquette contre des bases aériennes en Irak utilisées par les forces américaines et de la coalition, dont des forces européennes, sont un autre exemple d'escalade et de confrontation accrue", a déploré Josep Borrell lors d'une courte intervention devant la presse à Bruxelles. "Il n'est dans l'intérêt de personne d'aggraver encore la spirale de la violence", a mis en garde Josep Borrell.

L'accord sur le nucléaire menacé

Présente à ses côtés avant de prendre l'avion pour Londres, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a affirmé que "l'usage des armes doit cesser pour laisser place au dialogue". "La crise actuelle n'affecte pas que la région, mais nous tous", a-t-elle déclaré.

 

L'Iran et l'Irak feront partie des sujets qu'Ursula von der Leyen abordera avec le Premier ministre britannique Boris Johnson plus tard dans la journée. Les deux dirigeants se rencontrent pour la première fois depuis la prise de fonction d'Ursula von der Leyen, à trois semaines de la date prévue du Brexit, le 31 janvier. 

Ursula von der Leyen a également enjoint à Josep Borrell de "ne ménager aucun effort pour établir le contact avec tous les participants afin de préserver l'accord sur le nucléaire iranien". L'accord "est aujourd'hui plus important que jamais", lui a fait écho Josep Borrell.

Vers de nouvelles sanctions contre l'Iran

Mardi, avec les ministres des Affaires étrangères allemand, français et britannique, dont les pays sont parties à l'accord de 2015 sur le nucléaire iranien, ils s'étaient retrouvés à Bruxelles pour évoquer la situation après l'assassinat du général Qassem Soleimani lors d'une frappe ciblée des Américains.

Une réunion extraordinaire avec l'ensemble de leurs collègues de l'Union européenne a en outre été convoquée vendredi après-midi. Selon des indications du Français Jean-Yves Le Drian données juste après la rencontre, les Européens pourraient décider "dans les jours qui viennent" de déclencher un mécanisme prévu dans l'accord, susceptible de mener au rétablissement de sanctions de l'ONU contre l'Iran.