"Pas de nationalisme vaccinal" : Covax appelle à la solidarité avec les pays pauvres

, modifié à
  • A
  • A
Des vaccins sont livrés en Macedoine via le système Covax le 28 mars 2021. 2:39
Des vaccins sont livrés en Macedoine via le système Covax le 28 mars 2021. © ROBERT ATANASOVSKI / AFP
Partagez sur :
Alors que les pays riches accélèrent leurs campagnes de vaccination, les pays les plus pauvres peinent à se procurer des doses. Invitée d'Europe 1 lundi, la députée européenne Chrysoula Zacharopoulou, co-présidente de Covax, système qui permet à ces pays d'obtenir des vaccins, plaide pour une plus grande solidarité internationale. 
INTERVIEW

Le programme international Covax a lancé jeudi une campagne pour collecter 2 milliards de dollars supplémentaires afin de pouvoir réserver des doses de vaccins anti-Covid. Ce système permet aux 92 pays les plus pauvres d'obtenir des doses de vaccins, grâce à des fonds réunis par des donateurs. "Si nous voulons sortir de cette pandémie, il faudra le faire tous ensemble. Il n'y a pas de place pour un nationalisme, un égoïsme vaccinal", martèle Chrysoula Zacharopoulou, co-présidente de Covax, invitée d'Europe 1 lundi matin. 

Pour le moment, 16% de la population mondiale concentre plus de la moitié des doses injectées depuis le début des campagnes de vaccination. Vendredi encore, le patron de l'Organisation mondiale de la santé Tedros Adhanom Ghebreyesus lançait une statistique choc : on dénombre un vacciné sur quatre dans certains pays riches, contre un sur 500 dans certains pays pauvres.

38 millions de doses distribuées à 113 pays

"Il y a bien sûr un enjeu de solidarité. Mais il y a aussi l'idée de nous protéger nous-mêmes de la circulation du virus", rappelle Chrysoula Zacharopoulou, ajoutant : "Tant que le virus se répand sur la planète, cela représente une menace pour la population mondiale."

Depuis la première livraison de vaccins au Ghana en février, le système Covax a offert plus de 38 millions de doses à 113 pays. "Il faut garantir un accès équitable au vaccin dans tous les pays du monde", souligne Chrysoula Zacharopoulou. Le but du programme est de distribuer suffisamment de doses pour vacciner jusqu’à 27% de la population dans les 92 pays les plus pauvres d’ici la fin de l’année. 

Vers une levée des brevets ?

Pour accélérer la distribution du vaccin dans les pays les moins favorisés, certains suggèrent de lever, au moins temporairement, les brevets de propriété intellectuelle, pour pouvoir produire beaucoup plus, plus vite. Mercredi, 170 anciens chefs d'Etat ou de gouvernement - dont François Hollande, Gordon Brown ou Ellen Johnson Sirleaf - et de prix Nobel comme l'économiste américain Joseph Stiglitz ou la virologue française Françoise Barré-Sinoussi, ont exhorté le président américain Joe Biden à soutenir cette initiative.

Une question "légitime" pour Chrysoula Zacharopoulou mais qui selon elle ne règlerait pas le problème. "La question, c'est est-ce que c'est ça la solution? Malheureusement non. Parce que pour construire une usine, il faut 4 à 5 ans et pour transformer une usine, il faut 12 à 24 mois." Elle plaide plutôt, comme la nouvelle patronne de l'OMC Ngozi Okonjo-Iweala, pour le développement d'accords de "licence volontaire", permettant aux laboratoires de vendre leurs licences à d’autres sociétés qui peuvent alors fabriquer une partie de son médicament. 

Europe 1
Par Laetitia Drevet