Mort probable des frères Clain : "Nous ne voulons pas des cadavres mais des explications", plaident les familles des victimes

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© OFF / AFP
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Les djihadistes Jean-Michel et Fabien Clain, qui avaient revendiqué les attentats du 13 novembre 2015 à Paris, ont été visés par une frappe de la coalition en Syrie. Les familles des victimes sont partagées entre soulagement et déception.
RÉACTION

La probabilité que les frères Clain soient morts dans la frappe qui les a visés mercredi en Syrie est élevée, "de l'ordre de 99% selon mes interlocuteurs", indique notre journaliste Didier François, spécialiste des questions de terrorisme et défense. Pour les familles des victimes des attentats du 13-Novembre, dont les frères Clain avaient revendiqué la paternité, cette annonce fait naître un sentiment ambivalent.

Entre soulagement et déception. Philippe Duperron a perdu son fils Thomas au Bataclan. Joint par Europe 1, celui qui est aujourd'hui président de l'association 13ONZE15 Fraternité-Vérité se dit "soulagé" que les frères Clain "aient été mis hors d'état de nuire", mais il regrette aussi "qu'ils n'aient pas pu être arrêtés et traduits devant la justice française." Mêmes sentiments mêlés pour Georges Salines, dont la fille Lola fait elle aussi partie des victimes du Bataclan. "Les coups portés à l'Etat islamique, c'est une excellente chose, car il est en voie de disparition. Mais d'un autre côté, ça prive totalement de la possibilité de les interroger. C'est dommage pour la vérité historique", considère-t-il.

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"Des captures plutôt que des assassinats". Fabien Clain et son frère Jean-Michel faisaient l'objet d'un mandat d'arrêt. Une partie des victimes regrettent aujourd'hui qu'ils n'aient pas été arrêtés dans ce cadre. "J'aurais préféré qu'ils soient capturés, pour qu'on puisse les interroger et les juger", abonde Georges Salines. "Nous ne voulons pas des cadavres mais des explications. On préfère des captures plutôt que des assassinats, car nous avons besoin de savoir le chemin fait par eux. Nous avons la quasi-certitude qu'au-delà de la propagande, qui était leur métier, ils avaient à l'évidence un schéma d'organisation des attentats, et c'est pour cela qu'on aurait beaucoup aimé les entendre", poursuit Maître Jean Reinhart, avocat de l'association 13ONZE15 Fraternité-Vérité.

Certaines informations indiquent que l'un des deux frères Clain aurait été seulement grièvement blessé dans l'attaque. L'avocat préfère tabler sur ce scénario. "Ça nous donne - aussi bizarre que cela puisse paraître  - un peu d'espoir pour que l'on puisse un jour l'interroger et le faire participer au procès des attentats du 13-Novembre, qui s'ouvrira d'ici un an et demi."