Migrations : Paris et Berlin appellent à avancer sans attendre de consensus à 28

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Angela Merkel, Emmanuel Macron, Merkel Macron, Macron Merkel crédit : LUDOVIC MARIN / AFP - 1280
Angela Merkel et Emmanuel Macron font front commun pour trouver une solution à l'afflux de migrants en Europe (image d'archives). © LUDOVIC MARIN / AFP
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À l'issue du mini-sommet à Bruxelles sur la question des migrants, Emmanuel Macron et Angela Merkel ont plaidé en faveur d'un "plan commun" pour "réduire la migration régulière", qu'il soit à 28 ou avec seulement les pays volontaires.

La France et l'Allemagne appellent à des accords à plusieurs pays sur les défis migratoires pour contourner l'absence de consensus qui paralyse l'Union européenne sur ce problème.

Un mini-sommet alors que l'Italie ferme ses ports

Alors qu'étaient réunis dimanche à Bruxelles les dirigeants de 16 pays pour un mini-sommet visant à apaiser le climat de tension face aux questions migratoires, le bras de fer en Méditerranée entre les ONG humanitaires et le gouvernement italien s'est poursuivi.

L'Italie reste fermée. Un navire de l'ONG allemande Lifeline a été bloqué au large de Malte avec 239 migrants à son bord, l'Italie puis Malte lui ayant refusé l'accostage. Le ministre italien de l'Intérieur Matteo Salvini a sommé les ONG internationales de se tenir à l'écart des opérations de secours de migrants et de laisser les garde-côtes libyens se charger de cette tâche. "Les ports italiens sont et seront fermés à ceux qui aident les trafiquants d'être humains", a-t-il souligné.

Macron et Merkel appelle à une coopération européenne

Une réunion "utile", selon Macron. La "réunion informelle" de dimanche à Bruxelles n'a pas débouché sur des mesures concrètes, mais elle a été "utile", a estimé à son issue le président français Emmanuel Macron. Elle a notamment "permis d'écarter des solutions pas conformes à nos valeurs, comme les stratégies de refoulement", a déclaré le chef de l'État français, plaidant pour une "solution européenne".

Un plan commun avec les volontaires. Cette solution "se construira uniquement sur la coopération entre les États membres de l'UE, que ce soit une coopération à 28 ou entre plusieurs États qui décident d'avancer ensemble", a-t-il ajouté, faisant écho aux déclarations de la chancelière allemande Angela Merkel.

"Nous sommes tous d'accord pour réduire la migration irrégulière, pour protéger nos frontières", a déclaré Angela Merkel. Mais quand un consensus n'est pas possible, "nous voulons réunir ceux qui sont volontaires pour trouver un cadre commun d'action", a ajouté la chancelière.

Le problème des "mouvements secondaires". Angela Merkel et Emmanuel Macron ont notamment mis l'accent sur la nécessité de résoudre le problème des "mouvements secondaires", c'est-à-dire des demandeurs d'asile qui se déplacent dans l'UE, au lieu de rester dans le pays par lequel ils sont entrés dans l'attente d'une décision sur leur cas.

L'Italie durcie le ton

L'Italie appelle à dépasser le Règlement de Dublin. Le Premier ministre du gouvernement populiste italien Giuseppe Conte s'est dit "très satisfait" à l'issue de la rencontre, lors de laquelle il a exposé ses propositions. Selon un document, Rome a notamment appelé à "dépasser" le principe du Règlement de Dublin, qui confie aux pays de première entrée dans l'UE la responsabilité des demandes d'asile, et dont la réforme est au point mort depuis plus de deux ans, en raison notamment de l'opposition frontale des pays de Visegrad (Pologne, Hongrie, République tchèque, Slovaquie), opposés à toute mesure de répartition. L'Italie demande aussi dans son texte des "sanctions financières" contre les pays n'accueillant pas de réfugiés, comme l'a également souhaité Emmanuel Macron la veille.

Tensions entre Salvini et Macron. Le ton était pourtant une nouvelle fois monté samedi quand le gouvernement italien avait fustigé l'"arrogance" d'Emmanuel Macron, après les nouvelles critiques du président français contre l'Italie et sa proposition de "centres fermés" pour les migrants dans les pays de première arrivée, où les migrants attendraient l'examen de leur cas sans possibilité de se déplacer vers d'autres pays. Paris "n'a de leçon à recevoir de personne", a répliqué dimanche Emmanuel Macron, faisant valoir que la France avait reçu davantage de demandes d'asile depuis le début de l'année que l'Italie.