Alors que la Coupe du monde de football débute jeudi 11 juin au Mexique, avec le match d'ouverture opposant l'équipe du pays à l'Afrique du Sud, des enseignants manifestent pour réclamer notamment des hausses de salaires. Ces mouvements ont pris de l'ampleur en début de semaine, avec des symboles liés au foot pris pour cible.
Au Mexique, les enseignants font entendre leur voix à l'approche de la Coupe du monde. Alors que le match d'ouverture du Mondial opposant le pays hôte à l'Afrique du Sud aura lieu le jeudi 11 juin à Mexico, cette profession durcit son mouvement. Elle réclame des hausses salariales, des discussions sur le régime des retraites et des changements dans la politique éducative.
Depuis mars, un groupe de professeurs minoritaires de la Coordination nationale des travailleurs de l'éducation (CNTE), le principal syndicat enseignant, menace d'appeler "des millions" d'enseignants à manifester dans la capitale pendant la Coupe du monde si le gouvernement ne répond pas à leurs revendications.
Tentative d'intrusion dans une fan zone
Ces mouvements de protestation se sont renforcés à l'approche du Mondial. Lundi 1er juin, des professeurs ont forcé une entrée de la fan zone située sur la place Zocalo, dans la capitale mexicaine, avant d'être dispersés par la police à coups de gaz lacrymogènes.
Les accès à la place ont été fermés par des barrières métalliques et des affrontements ont éclaté lorsqu'un des accès à cette esplanade, siège du gouvernement et où trône un immense écran géant destiné à suivre les rencontres à partir du 11 juin, a été forcé par les manifestants.
Le lendemain, des symboles liés au football et à la Coupe du monde ont été pris pour cible par les enseignants. Une exposition consacrée au Mondial a été vandalisée, sans aucune intervention des forces de l'ordre.
Statues, maillots... Des symboles du Mondial attaqués
Des statues de cinq mètres de haut représentant des footballeurs sur le Paseo de la Reforma, une grande artère de la capitale, ont été renversées à l'aide de cordes. Parmi elles figuraient celles représentant la Belgique, la France et l'Espagne, dont les maillots ont été brûlés par les manifestants. Si les revendications ne sont pas satisfaites, "le ballon ne roulera pas", pouvait-on lire sur un mannequin exhibé par les protestataires.
Et ce mercredi 3 juin, un groupe de manifestants a fait irruption au ministère de l'Éducation. Des membres dissidents du syndicat ont dégradé un poste de garde, puis pénétré dans la cour et brisé les vitres du hall d'entrée, selon des sources au sein du ministère. Ils ont utilisé des lampadaires comme béliers, preuve de l'extrême tension qui règne.
"Nous ne céderons pas à la provocation"
Dans ce contexte, l'État mexicain essaie de calmer le jeu pour que la compétition puisse débuter sereinement. "Il y a certaines revendications que le budget ne permet pas de satisfaire" dans leur intégralité "mais il y en a d'autres qui peuvent l'être", a ainsi indiqué la présidente du pays, Claudia Sheinbaum, lundi.
Mardi, la présidente a appelé à une protestation pacifique et son gouvernement a publié un communiqué appelant à revenir à la table des négociations. Après l'intrusion au ministère de l'Éducation, la cheffe de l'État a de nouveau pris la parole. "Ils veulent nous amener à une répression à l'approche de la Coupe du monde", a-t-elle déclaré lors de sa conférence de presse quotidienne. "Nous ne céderons pas à la provocation", a-t-elle ajouté.
Le CNTE a brandi la menace de nouvelles mobilisations massives lors du match d'ouverture de la Coupe du monde au stade Azteca de Mexico. Pour rappel, trois enceintes mexicaines, situées à Mexico, Guadalajara et Monterrey, doivent accueillir des rencontres du Mondial cet été.