Le Parlement européen a largement rejeté ce jeudi la motion de censure à l'encontre de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Celle-ci, déposée par le groupe des Patriotes pour l'Europe sur l'accord UE-Mercosur, n'a recueilli que 165 voix.
Ursula von der Leyen faisait face à une quatrième motion de censure depuis 2024. La présidente de la Commission européenne y a une nouvelle fois échappé ce jeudi : la motion déposée par le groupe des Patriotes pour l'Europe sur la question de l'accord UE-Mercosur n'a récolté que 165 voix pour (390 voix contre et dix abstentions), alors qu'elle devait obtenir les deux tiers des suffrages exprimés pour être adoptée.
Une saisine de la CJUE qui s'est jouée sur un fil
Sur le papier, il était effectivement difficile de la voir aboutir. D'abord, le vote mercredi pour saisir la justice européenne sur le traité de libre-échange UE-Mercosur s'est joué sur un fil, avec 334 voix pour, 324 contre et 11 abstentions.
Puis, cette motion était à l'initiative des Patriotes pour l'Europe, groupe auquel appartiennent notamment les eurodéputés du Rassemblement national et présidé par Jordan Bardella. Ce groupe comporte 85 élus, et pour qu'une motion de censure soit adoptée, il fallait recueillir un minimum de deux tiers des suffrages exprimés sur un total de 720 eurodéputés.
Opposition du PPE
Compte tenu de la composition du Parlement européen, où la droite est majoritaire par rapport à la gauche, c'était le groupe du Parti populaire européen, le plus important de l'hémicycle (188 sièges), qui pouvait faire pencher la balance. En France, Les Républicains en font partie.
Toutefois, Ursula von der Leyen est issue de la droite. Et au sein du PPE, la règle était qu'il fallait voter contre cette motion de censure. Tout dissident aurait été lourdement sanctionné. Une mise en garde adressée notamment aux députés français du groupe, hostiles à l'accord du Mercosur.
Quatrième motion de censure contre Ursula von der Leyen
Sur Europe 1, le chef de file de LR au Parlement européen, François-Xavier Bellamy, avait justifié le vote contre à venir. "La motion de censure n'est pas dirigée contre Ursula von der Leyen, elle est dirigée contre toute la Commission européenne (...) Pour nous, la vraie motion de censure, elle était sur l'arrêt de l'accord avec le Mercosur, et c'est nous qui l'avons gagnée", avait-il affirmé.
Ursula von der Leyen n'a pas affronté à sa première motion de censure : trois autres avaient été déposées depuis sa réélection à l'été 2024, et toutes ont été largement rejetées.