Mali : attaque "terroriste" contre les soldats français de Barkhane à Gao

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Une patrouille de l'opération Barkhane a été visée par une voiture piégée conduite par un kamikaze. © STRINGER / AFP
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Des terroristes ont tendu une embuscade dimanche à des soldats français de l'opération Barkhane dans le nord du Mali, blessant quatre d'entre eux.

Quatre soldats français de la force Barkhane ont été blessés dimanche lors d'une attaque terroriste dans un quartier de Gao, principale ville du nord du Mali, a annoncé l'état-major français des armées. Il y a eu "quatre blessés chez Barkhane" et au moins deux morts et une vingtaine de blessés chez les civils, a indiqué l'état-major. Selon les autorités maliennes citant un bilan provisoire de source hospitalière, cet attentat a fait quatre morts et 23 blessés parmi des civils. 

Pas de mort français. "Des militaires français de la force Barkhane sont tombés dimanche dans une embuscade tendue par des terroristes à la sortie qui mène vers la localité de Bourem", avait déclaré auparavant une source militaire occidentale, information confirmée par une source militaire malienne. À Paris, l'armée française a assuré qu'aucun soldat français n'avait été tué dans cette attaque. "Il n'y a pas de mort parmi les soldats français", a affirmé le porte-parole de l'état-major français des armées, le colonel Patrik Steiger.

La ministre française des Armées, Florence Parly, a déclaré dans un tweet que "le terrorisme a encore lâchement frappé au Mali". "Des civils ont perdu la vie et des militaires français sont blessés. Mes pensées vont aux victimes et à leurs proches. Je souhaite un prompt rétablissement à nos soldats. Notre détermination ne faiblit pas."

Explosion d'une voiture piégée. "À 10h50 heure locale, 12h50 heure de Paris, des VBCI (véhicules blindés de combat d'infanterie) de la force Barkhane patrouillaient à Gao. Une explosion d'origine indéterminée a eu lieu et a causé un grand nombre de victimes civiles, dont des enfants. Les soldats de Barkhane qui étaient sur place sont tous de retour sur notre base de Gao", a précisé le colonel Patrik Steiger.

"C'est une patrouille de l'opération Barkhane qui a été visée par une voiture piégée conduite par un kamikaze (...) de Gao", a déclaré de son côté une habitante de Gao. "Très vigilant, un blindé lui a barré la voie et le véhicule kamikaze s'est fait exploser", a déclaré Fatouma Wangara, ajoutant que des hélicoptères de la force Barkhane survolaient le ciel au-dessus de Gao. "Le véhicule bourré d'explosifs a fait beaucoup de dégâts", selon une source hospitalière à Gao. 

Une autre attaque dans le Nord. D'autre part, un véhicule du Mouvement pour le salut de l'Azawad (MSA, issu de l'ex-rébellion à dominante touareg) "a sauté sur une mine (dimanche) dans le village de Talataye, au nord du Mali. Le bilan est de quatre morts et trois blessés", a écrit le MSA sur sa page Facebook. Présents sur la frontière entre le Mali et le Niger, le GATIA (Groupe d'autodéfense touareg Imghad et alliés, pro-Bamako) et le MSA participent à des opérations de sécurisation aux côtés de la force Barkhane et de l'armée malienne. Ces attaques soulignent la situation sécuritaire fragile qui prévaut au Mali.

Sommet de l'Union africaine et rencontre du G5 Sahel. Elle survient alors que le sommet de l'Union africaine est entré dans le vif des débats dimanche à Nouakchott, en Mauritanie. Emmanuel Macron doit rencontrer lundi, en marge du sommet de l'UA, ses homologues du G5 Sahel, une organisation régionale regroupant la Mauritanie, le Mali, le Burkina Faso, le Niger et le Tchad. En fin de sommet, Emmanuel Macron discutera avec ses homologues du G5 Sahel de la lente montée en puissance de la force conjointe mise en place par cette organisation régionale pour lutter contre les djihadistes.