Ce mardi, les autorités afghanes ont réagi à la position des États-Unis sur l'Afghanistan et estiment leur décision "regrettable". Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, avait annoncé lundi que l'Afghanistan avait été inscrit sur la liste américaine des pays pratiquant "des détentions injustifiées".
Les États-Unis ont formellement inscrit l'Afghanistan sur leur liste des pays pratiquant "des détentions injustifiées", a annoncé le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, une décision qualifiée de "regrettable" mardi par les autorités afghanes.
"Il n'est pas sûr pour les Américains de se rendre en Afghanistan"
"Les talibans continuent de recourir à des méthodes terroristes, en enlevant des personnes contre rançon ou pour obtenir des concessions politiques. Ces tactiques odieuses doivent cesser", a déclaré Marco Rubio lundi dans un communiqué.
"Il n'est pas sûr pour les Américains de se rendre en Afghanistan, parce que les talibans continuent de détenir injustement nos concitoyens et d'autres ressortissants étrangers", a ajouté le secrétaire d'État.
"Le gouvernement d'Afghanistan souligne qu'aucun citoyen étranger n'est détenu dans le but d'un marché" pour obtenir des concessions politiques, a réagi le ministère des Affaires étrangères afghan dans une déclaration publiée en anglais.
"Certaines personnes ont été détenues en raison d'accusations de violations des lois, et dans de nombreux cas, ont été libérées à l'issue du processus judiciaire", a ajouté le ministère.
Les autorités talibanes sont revenues au pouvoir en août 2021 en Afghanistan, entraînant la chute du précédent gouvernement et le départ précipité des troupes américaines qui avaient mis fin à leur précédent passage au pouvoir entre 1996 et 2001.
Marco Rubio a appelé les autorités talibanes à libérer les citoyens américains Dennis Coyle et Mahmoud Habibi, ainsi que "tous les Américains détenus injustement en Afghanistan".
Des discussions "en cours" entre les deux pays
Mahmoud Habibi, un homme d'affaires, est détenu en Afghanistan depuis août 2022, selon le département d'État. Les autorités talibanes nient toute implication dans sa disparition en 2022.
Le chercheur américain Dennis Coyle a quant à lui été arrêté en janvier 2025 par les autorités afghanes, selon la fondation Foley, une organisation qui plaide pour la libération des Américains pris en otage ou détenus arbitrairement à l'étranger.
"Au cours de l'année écoulée, l'Émirat islamique d'Afghanistan a fait des pas pour montrer sa bonne volonté au sujet de certains détenus américains", a souligné le ministère afghan des Affaires étrangères.
En 2025, plusieurs citoyens américains ont été libérés par les autorités talibanes. En septembre, Amir Amiri, détenu depuis décembre 2024, avait été remis à Adam Boehler, l'envoyé spécial du président américain Donald Trump pour les otages qui s'était rendu à Kaboul afin de négocier un échange de prisonniers.
La Sino-Américaine Faye Hall, arrêtée le 1er février 2025 dans la province de Bamiyan, au centre de l'Afghanistan, avait aussi été libérée en septembre. En janvier 2025, deux Américains avaient été libérés en échange d'un combattant afghan, Khan Mohammed, condamné pour narcoterrorisme aux États-Unis.
Un autre Américain, l'ingénieur aéronautique George Glezmann, avait lui été relâché après plus de deux ans de détention lors d'une visite d'Adam Boehler en Afghanistan en mars 2025.
Le ministère afghan a rappelé que des pourparlers entre le gouvernement afghan et les États-Unis "ont été tenus à différents niveaux grâce à la médiation du Qatar" et a appelé à ce que les différends sur les détentions "soient résolus à travers les discussions en cours".