Les Allemands entre "intérêt" et "inquiétude" face au mouvement des "gilets jaunes"

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Correspondante en Allemagne pour Europe 1, Hélène Kohl livre, au micro de Matthieu Noël, une analyse de la vision du mouvement des "gilets jaunes" par nos voisins d'outre-Rhin. 
INTERVIEW

Comme partout en Europe, "les 'gilets jaunes' font la Une de plusieurs quotidiens allemands". Invitée de Matthieu Noël lundi, Hélène Kohl, correspondante en Allemagne pour Europe 1, analyse la perception du mouvement des "gilets jaunes" outre-Rhin. 

La crainte pour le principal partenaire. "Les Allemands montrent un véritable intérêt, mais aussi une inquiétude par rapport aux 'gilets jaunes', explique Hélène Kohl au micro d'Europe 1. "Cela s'explique par la place de la France : c'est le premier partenaire économique, politique, mais aussi parce que dans le cœur des Allemands, l'Union européenne ne se conçoit pas sans la France", analyse-t-elle. "Le retour d'une France qui se radicalise, une crainte que les Allemands avaient déjà ressenti lors de la campagne de 2017, les renvoie à une crainte pour eux-mêmes", ajoute-t-elle.

"La question qui se pose est : 'est-ce qu'on pourra encore compter sur ce partenaire qui est vraiment vital pour nous ?'. Une crainte qui est renforcée par la perte de leur partenaire américain avec la politique instable de Donald Trump", résume notre correspondante. 

>> De 5h à 7h, c’est “Debout les copains” avec Matthieu Noël sur Europe 1. Retrouvez le replay de l'émission ici

Des "gilets jaunes" en Allemagne ? Si le mouvement des "gilets jaunes" a été capable de rassembler plus de 136.000 personnes samedi, il a également donné des idées aux Allemands : des manifestants portant des gilets jaunes ont ainsi été vus dans plusieurs villes, notamment à Berlin. "Mais contrairement en France, ce mouvement est très sporadique et repris uniquement par l'extrême droite. Ainsi seulement 60 personnes ont manifesté avec un gilet jaune dans la capitale allemande", dévoile-t-elle. "Et en plus, les revendications n'ont rien à voir : elles se concentrent contre Angela Merkel et sa politique migratoire", analyse la spécialiste. 

Europe 1
Par Ugo Pascolo