L’éprouvante nuit des pompiers français dans les décombres du viaduc de Gênes

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© ANDREA LEONI / AFP
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Europe 1 a passé la nuit auprès des secouristes qui s'activent au milieu des décombres du viaduc de Gênes. Plusieurs pompiers niçois sont venus prêter main forte aux secours italiens.
REPORTAGE

Dans la nuit, des projecteurs éclairent le lit du fleuve asséché où le segment du viaduc s'est effondré. La remorque d'un 33 tonnes est plantée à terre en diagonale, comme un couteau dans du bois. Quelques heures après l'effondrement du pont Morandi à Gênes, qui a fait au moins 35 morts mardi, c'est un spectacle aussi impressionnant que désolant qui s'offre aux yeux des centaines de secouristes, parmi lesquels quelques Français, venus épauler leurs collègues italiens. 

"C'est une casse automobile". Loris ne détache pas son regard de la scène. Ce pompier volontaire de 22 ans, originaire de Nice, revient tout juste de la zone de recherche. "C'est une casse automobile ! Il y a des voitures entre les dalles, des barres de fer, de l'eau… C'est immense. Et il y a un silence… On a une sensation d'oppression", décrit le jeune homme au micro d'Europe 1. "Je viens parce que je veux être utile et chercher les gens", assure-t-il. Mais Loris n'a pour l'instant retrouvé aucun survivant.

"Un véhicule avec un enfant à l'intérieur". Un autre pompier azuréen, Pierre Villardry, raconte l'heure passée au milieu de la tôle et des gravats. Les deux chiens de recherche qu'il a emmenés avec lui ont marqué l'arrêt devant une voiture, identifiée par les secouristes italiens. "Ils avaient localisé quelque chose et voulaient en avoir confirmation. On a pris les chiens et on les a passés. Il y avait bien un véhicule, avec un enfant à l'intérieur qui était malheureusement décédé", rapporte-t-il. Pierre Villardry poursuit son terrible récit : "Pour le dégager, les secouristes ont fait venir des appareils pour découper la tôle, enlever le béton et la ferraille. L'enfant a été sorti une heure et demi après…"

L'incertitude quant à d'éventuels survivants. S'il garde espoir de trouver des rescapés, c'est parce que ce pompier estime que la configuration des lieux offre des poches de survie possibles entre les blocs de béton. Au vu du nombre de secouristes et de pelleteuses sur zone, "il nous faudra 24 heures pour être fixés".

Europe 1
Par Gwendoline Debono, édité par Anaïs Huet