Le président d'Amnesty en Turquie à nouveau arrêté

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Le soulagement de ses proches et d'Amnesty international à l'annonce de sa libération mercredi aura été de courte durée. © JOHN MACDOUGALL / AFP
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Alors qu'il a été mis en liberté conditionnelle mercredi, Taner Kiliç a de nouveau été incarcéré dans la nuit de mercredi à jeudi. 

Le président d'Amnesty international en Turquie, jugé pour appartenance à une "organisation terroriste", a été placé en garde à vue dans la nuit de mercredi à jeudi, après qu'un tribunal d'Istanbul a ordonné sa remise en liberté conditionnelle quelques heures plus tôt, selon l'ONG.

Un soulagement, puis la déception. Taner Kiliç a été arrêté en juin 2017 et était incarcéré depuis, accusé d'appartenir au mouvement du prédicateur Fethullah Gülen, désigné par Ankara comme le cerveau du putsch manqué de l'été 2016, ce qu'il nie fermement. Lors d'une audience de son procès mercredi, un tribunal d'Istanbul a ordonné sa remise en liberté conditionnelle, au grand soulagement de ses proches et d'Amnesty international. Mais un nouveau mandat d'arrêt a été émis dans la foulée et Taner Kiliç a été placé en garde à vue dans une gendarmerie à Izmir, où il était incarcéré, ont annoncé dans la nuit plusieurs responsables d'Amnesty sur Twitter. "Nous avons pris un vol pour Izmir et sommes allés jusqu'à la prison dans l'espoir d'assister à la libération de Taner avec sa famille", a tweeté Gauri van Gulik, directrice du programme Europe à Amnesty International. "Au lieu de cela, vers minuit, Amnesty international a vu Taner être emmené de prison à une garde à vue dans une station de gendarmerie".

"Manœuvres légales étranges". Gauri van Gulik, qui dénonce des "manœuvres légales étranges visant à le maintenir derrière les barreaux", ajoute que Taner Kiliç devait être emmené devant un tribunal dans la matinée jeudi pour qu'une décision soit prise sur sa détention.

Prochaine étape du procès le 21 juin. Taner Kiliç est jugé avec dix autres militants des droits de l'Homme d'avoir aidé trois "organisations terroristes" : le mouvement du prédicateur Gülen, le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et un groupuscule d'extrême gauche appelé DHKP-C. Ce procès, dont la prochaine audience doit avoir lieu le 21 juin, a renforcé l'inquiétude quant à l'érosion des libertés en Turquie.