"Le mur était quelque chose de paradoxal quand on habitait du bon côté, à Berlin Ouest", raconte Matthias Fekl

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Au micro de Matthieu Belliard, sur Europe 1, l'ancien ministre de François Hollande se souvient, à l'occasion des 30 ans de la chute du mur, de sa jeunesse passée dans Berlin divisée.
INTERVIEW

"Je me souviens de la foule en liesse avec des moments de retrouvailles bouleversants." Matthias Fekl​, ex-secrétaire d’Etat au commerce extérieur et éphémère ministre de l’Intérieur sous François Hollande, vivait en Allemagne lorsque le mur est tombé. À l’époque, il n’avait que 12 ans et habitait Berlin Ouest avec ses parents. Au micro d’Europe 1, le socialiste se souvient de la vie dans la capitale divisée, avant la nuit cruciale du 9 novembre 1989.

"Le mur était quelque chose de paradoxal quand on habitait du bon côté, à Berlin Ouest", raconte Matthias Fekl. "Il avait un côté festif à force de tags et de graffitis. C’était presque devenu une œuvre d’art, c’était aussi un lieu où l’on allait se promener en famille, jouer parce que c’était loin des voitures", poursuit-il.

De l'autre côté...

"Et puis, paradoxalement, c’était le symbole d’une répression d’une grande violence." Car de l’autre côté de cette muraille de béton de 3,60 mètres de haut, s’étend un régime totalitaire, piloté par l’URSS, et encadré d’une main de fer par la Stasi, le service de police politique. "Il y avait des plateformes côté ouest sur lesquelles on pouvait grimper pour voir l’autre côté. Elles avaient été aménagées pour les touristes. Et on voyait ce qu’était vraiment le mur : d’abord un mur côté ouest, puis ‘la bande de la mort’, c’est-à-dire un terrain vague miné avec des tours de contrôle partout, et des policiers qui abattaient tous ceux qui y passaient. Puis, il y avait encore un autre mur. Coté est, les fenêtres étaient murées sur les façades des immeubles pour que l’on ne puisse pas s’enfuir ", raconte encore Matthias Fekl.

"J’ai souvenir des Unes de journaux affichées dans toute la ville, quand quelqu’un fuyait l’Est et était abattu froidement d’une balle dans le dos."

Le 9 novembre, une date à chérir

"En 1989, on était dans la liesse et l’espoir, un moment où les Européens se sont dits : il faut que l’on vive dignement, librement. Ils ont essayé de construire ça. Depuis, c’est la montée de l’extrême droite, la crise et le terrorisme qui ont frappé très durement", déplore ce conseiller régional. "Plus que jamais, il faut célébrer l’amour de la liberté qu’a représenté le 9 novembre et les journées qui ont suivi", conclut Matthias Fekl.

Europe 1
Par Romain David