La France ne prévoit pas d'opération dans le nord de la Syrie hors coalition internationale anti-EI

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Les Kurdes sont inquiets face à la percée des forces turques dans le Nord de la Syrie. 2:46
Les Kurdes sont inquiets face à la percée des forces turques dans le Nord de la Syrie. © MARWAN IBRAHIM / AFP
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Les Kurdes, reçus à l'Elysée par Emmanuel Macron, avaient déclaré que la France allait envoyer des troupes en Syrie. Une information démentie par l'Elysée.

La France ne prévoit pas de nouvelle opération militaire dans le nord de la Syrie, en dehors de la coalition internationale contre le groupe Etat islamique (EI), a indiqué vendredi l'Elysée. La présidence a donné cette précision au lendemain de déclarations de responsables kurdes indiquant, après avoir été reçus à l'Elysée, que Paris allait envoyer "de nouvelles troupes" dans le nord de la Syrie.

"Poursuivre ce combat ensemble". "La France ne prévoit pas de nouvelle opération militaire sur le terrain dans le nord de la Syrie en dehors de la coalition internationale anti-Daech (acronyme de l'EI en arabe)", a affirmé l'Elysée. La France participe à cette coalition conduite par les Etats-Unis qui mène des opérations aériennes contre les positions de l'EI en Syrie et en Irak, aux côtés des Forces Démocratiques Syriennes (FDS), composées de combattants arabes et kurdes syriens. Ces dernières ont été très actives dans la reconquête des territoires occupés par l'EI, notamment des villes de Raqa et de Deir Ezzor. "Il faut poursuivre ce combat ensemble", a précisé l'Elysée, qui s'inquiète "des risques de résurgence de Daech", surtout dans la région frontalière de l'Irak.

Au cours de la réunion avec huit membres des FDS, Emmanuel Macron a réitéré l'inquiétude de la France sur la situation dans le nord de la Syrie, où les forces turques ont récemment repris le canton d'Afrine à la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), partie prenante des FDS. Le président souhaite "qu'un dialogue puisse s'établir entre les FDS et la Turquie avec l'assistance de la France et de la communauté internationale", selon l'Elysée. La Turquie a rejeté vendredi "tout effort visant à promouvoir un dialogue, des contacts ou une médiation entre la Turquie et ces groupes terroristes", selon le porte-parole de la présidence turque Ibrahim Kalin.

Un soutien discret. La réaction de la Turquie est "logique et attendue", a estimé l'Elysée. "Il n'a jamais été question dans l'esprit du président de déclencher une quelconque opération militaire contre la Turquie, ça n'aurait aucun sens", relève Didier François, spécialiste des questions stratégiques à Europe 1. "L'objectif, est de protéger un partenaire, en l'occurrence des Kurdes, qui sont un partenaire très engagé à nos côtés dans la lutte contre Daech", ajoute-t-il. "Ce qui peut être envisagé, c'est un redéploiement des instructeurs présents au niveau de la zone irakienne vers la ville de Manbij, où ils seraient en interposition aux côtés des forces spéciales américaines pour éviter un affrontement avec l'armée turque", souligne-t-il.

Invité vendredi de la matinale d'Europe 1, l'essayiste Bernard-Henri Lévy défendait une position différente. "Le vrai allié dans la lutte antiterroriste, c'est les Kurdes. La Turquie fait partie de l'internationale islamiste, dont les éléments les plus extrêmes tuent en Europe et en France", a déclaré le philosophe, auteur de deux films-plaidoyers sur les combattants kurdes. "Au moment où les Kurdes défendaient Kobané, la Turquie laissait passer des armes pour Daech", a-t-il voulu rappeler.