Soupçonné d'avoir organisé la traversée clandestine de milliers de migrants entre la France et le Royaume-Uni, un passeur irakien de 28 ans a été identifié grâce à une enquête de la BBC. Caché derrière plusieurs identités, il échappait aux autorités depuis des années.
Au Royaume-Uni, celui qui est présenté comme l'un des principaux passeurs de migrants a été interpellé après avoir été identifié, non pas par la police, mais par des journalistes. L'homme de 28 ans a été démasqué à l'issue d'une enquête menée par la BBC.
Il est soupçonné d'avoir participé au transport de milliers de migrants à bord de petites embarcations utilisées pour traverser la Manche depuis la France vers le Royaume-Uni.
Plusieurs identités pour échapper aux autorités
Pendant plusieurs années, ce passeur est parvenu à éviter les forces de l'ordre grâce à de multiples identités. Son vrai nom est Cardogev, mais il était surtout connu sous les pseudonymes de "Cardo Rania" ou encore "Jaf".
Ce Kurde irakien brouillait régulièrement les pistes en changeant d'identité, une méthode fréquente dans les réseaux de passeurs.
"Il se cache, il utilise tous les stratagèmes possibles en changeant de nom, en changeant d'identité", explique Jean-Pierre Cloez, policier dans le Nord et délégué du syndicat Alliance. "Soit il se fait passer pour un migrant dans un camp, soit il va être dans une chambre d'hôtel bon marché."
Des traversées facturées jusqu'à 18.500 euros
Le recrutement s'effectuait entre l'Afghanistan et la France. Pour attirer des candidats à l'exil, le passeur faisait la promotion de traversées vers l'Europe sur les réseaux sociaux.
Le prix du voyage pouvait atteindre 18.500 euros pour rejoindre le Royaume-Uni. Les tarifs variaient selon les itinéraires proposés et selon s'il accompagnait ou non les groupes de migrants.
Le démantèlement de ce réseau s'inscrit dans le cadre du renforcement de la lutte contre l'immigration illégale au Royaume-Uni. Selon le Bureau britannique de l'immigration, 28 réseaux de passeurs ont été démantelés l'an dernier et 480 passeurs interpellés.