Ce mercredi 17 juin, le Parlement européen était amené à se prononcer sur le texte concernant le règlement retour des immigrés illégaux et la création de centres de rétention. Et les eurodéputés ont adopté la réforme à une très large majorité (418 voix pour, 218 contre), signant une victoire pour l'union de la droite.
Le Parlement européen a approuvé mercredi le règlement sur les retours de migrants déboutés du droit d'asile, une réforme de l'UE incluant la possibilité pour ses pays membres de conclure des accords pour installer des centres de rétention hors des frontières de l'Union. Le texte a été adopté par 418 voix pour (218 contre, 30 abstentions) lors d'une séance plénière à Strasbourg.
Un serrage de vis majeur à l'échelle européenne
Contesté par la gauche qui y voit une illustration de la convergence droite/extrême droite dans l'hémicycle, ce règlement est destiné principalement à accélérer les expulsions. Il permet aux Etats membres qui le souhaitent d'installer des centres en dehors de l'Europe pour y renvoyer les exilés déboutés.
Cette perspective est très attendue par exemple par la Grèce, qui espère disposer d'une telle structure - souvent décrite comme un "hub de retour" - dès 2027. L'Allemagne, l'Autriche, les Pays-Bas ou encore le Danemark étudient aussi la possibilité de nouer des accords avec des pays tiers pour en ériger.
La gauche alerte sur des risques de violation des droits
Aujourd'hui dans l'Union européenne, environ 20% des décisions d'expulsion des étrangers en situation irrégulière aboutissent réellement à un retour, une statistique très critiquée par les partisans d'une ligne migratoire plus ferme.
"Renvoyez-les!" ont scandé des élus d'extrême droite. "Honte à vous!" leur ont répondu des eurodéputés de gauche. L'élue écologiste française Mélissa Camara a fustigé "l'erreur impardonnable et historique de renoncer aux droits et à la dignité des personnes exilées pour approuver un texte dont la seule boussole est la xénophobie".
"C'est une étape historique pour l'Europe, et la preuve que le changement est possible", a au contraire salué le conservateur François-Xavier Bellamy (PPE). Au cours des débats cet élu français n'a cessé de décrire une Europe "impuissante face à l'immigration illégale", ce à quoi le texte est censé désormais remédier.