La Banque d'Angleterre sabre sa prévision de croissance 2019 face au Brexit

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La Banque d'Angleterre prévoit une croissance de 1,2% pour 2019 et 1,5% pour 2020 contre 1,7% pour ces deux années auparavant.
La Banque d'Angleterre prévoit une croissance de 1,2% pour 2019 et 1,5% pour 2020 contre 1,7% pour ces deux années auparavant. © DANIEL LEAL-OLIVAS / POOL / AFP
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Dans le contexte d'incertitude face au Brexit qui doit intervenir en mars prochain, la Banque d'Angleterre a abaissé ses prévisions de croissance pour 2019 et 2020 à 1,2 et 1,5%. 

La Banque d'Angleterre (BoE) a sabré jeudi sa prévision de croissance pour 2019, face au ralentissement économique mondial et à l'incertitude autour du Brexit, qui "s'est intensifiée" et pèse sur l'activité.

Des prévisions de croissance en baisse. L'institution, qui a sans surprise laissé inchangée sa politique monétaire, a abaissé ses prévisions de croissance pour 2019 et 2020, à respectivement 1,2% et 1,5%, contre 1,7% pour les deux années selon ses précédentes prévisions datant de novembre. La Banque centrale reste très préoccupée par le Brexit, qui a déjà causé un essoufflement de la croissance en 2018. Son gouverneur Mark Carney a d'ailleurs jugé jeudi que l'économie britannique n'était "pas encore prête" à un Brexit sans accord, insistant sur les tensions subies par les entreprises du fait des incertitudes autour de la sortie de l'UE.

Pas de renégociation possible pour l'UE. Alors que le Parlement britannique a rejeté massivement en janvier l'accord que la Première ministre Theresa May avait obtenu avec Bruxelles, les discussions sont dans l'impasse. La cheffe du gouvernement a déclaré vouloir renégocier la clause sur le "filet de sécurité" irlandais, destiné à protéger la paix sur l'île d'Irlande ainsi que le marché unique européen, mais auquel nombre de députés britanniques sont opposés. Une proposition balayée d'un revers de main par les 27, qui ont répété qu'il n'y aurait pas de renégociation.

Un contexte économique international peu propice. L'économie britannique doit désormais composer en outre avec un environnement planétaire beaucoup moins favorable. "L'économie mondiale a continué de ralentir ces derniers mois" et la tendance pourrait s'accélérer au cours des prochains trimestres, a souligné la BoE. 

Concernant la zone euro, la BoE a évoqué pêle-mêle l'Italie qui "est entrée en récession technique", la baisse de la production de voitures européennes au dernier trimestre 2018 et le mouvement des "gilets jaunes" en France. Dans ce contexte incertain tant au Royaume-Uni qu'à l'étranger, les membres de la BoE ont voté à l'unanimité pour le maintien du taux directeur à 0,75%, ainsi que pour la poursuite du programme de rachat d'actifs de la banque.

Une politique monétaire adaptable. Malgré l'impasse du Brexit, ils ont souligné que leurs prévisions demeuraient basées sur une sortie ordonnée du Royaume-Uni. Même s'ils se sont dits prêts à parer à toute éventualité. "La politique monétaire en réponse au Brexit, quelle que soit la forme qu'elle prendra, ne sera pas automatique et pourra s'orienter dans n'importe quelle direction", a répété le Comité, indiquant que la BoE pourra tout aussi bien procéder à une baisse de son taux d'intérêt, pour soutenir l'activité, qu'à une hausse, pour juguler une inflation potentiellement dopée par une chute de la livre sterling, dans l'hypothèse d'un Brexit sans accord.

Une inflation à 2% pour fin 2019. Concernant la hausse des prix, l'institution a légèrement abaissé sa prévision d'inflation pour fin 2019, à 2% contre 2,1% dans le rapport de novembre, notamment du fait de la baisse des prix de l'énergie. Elle a en revanche maintenu inchangée celle de 2020, à 2,1%. Par ces chiffres, la Banque d'Angleterre est en passe de réaliser son objectif: une hausse des prix au plus proche des 2% en rythme annuel.