Une cagnotte française permet à un vétéran américain d'assister aux commémorations : "Je suis heureux de votre gratitude"

Gene Kleindl, 96 ans, était brancardier secouriste lors de la bataille de Normandie.
Gene Kleindl, 96 ans, était brancardier secouriste lors de la bataille de Normandie. © Xavier Yvon/Europe 1
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Xavier Yvon, édité par Margaux Lannuzel , modifié à
Gene Kleindl, 96 ans, n'avait pas de quoi se payer le voyage en France pour assister aux célébrations du 6 Juin 1944. Une association de Mayenne lui a financé le déplacement depuis les États-Unis. 
INTERVIEW

Sa petite retraite ne lui permettait pas de financer le voyage en France. Mais qu'à cela ne tienne : Gene Kleindl, 96 ans, brancardier secouriste américain lors de la bataille de Normandie, sera bien présent lors des commémorations du 6 juin 1944, jeudi : une association française de Mayenne lui a payé l'aller-retour, grâce à une collecte de fonds sur Internet. Europe 1 a pu l'interroger avant son départ des États-Unis. 

"Là-bas, j'ai compris que notre vie ne valait rien"

Dans sa maison perdue au milieu des champs de l'Illinois, le nonagénaire ouvre la porte en uniforme, avec toutes ses décorations et un grand sourire ingénu. "Parlez-vous français ?" : ce sont les quelques mots qui lui restent, 75 ans après. 

Ce qu'il n'a pas oublié, en revanche, c'est le débarquement dans une mer démontée, les blessés qu'il allait chercher sous les tirs de mortiers, et les noms des nombreux villages normands traversés. Le vétéran raconte notamment Saint-Lo, dont il ne restait plus qu'un immeuble debout, et les horreurs quotidiennes vécues pendant onze mois. "Là-bas, j'ai compris que notre vie ne valait rien. Quand je suis rentré au pays, je ne me sentais pas important." 

"Je me sens comme une rock star"

Savoir que des Français ont donné de l’argent pour qu’il puisse revenir en Normandie, cela provoque chez Gene une joie presque enfantine : "Je me sens comme une rock star ! Je suis heureux de recevoir votre gratitude. Ça me fait du bien, je ne savais pas que nous étions si importants", souligne-t-il. "On dirait que ça vaut le coup, maintenant, d’avoir fait tout ça. J’aimerais que ceux qui sont dans les cimetières s’en rendent compte eux aussi." 

>> Revivez ici le D-Day, depuis les plages du Débarquement et jusqu’à la résidence d’Hitler en Bavière, avec le récit et l’analyse de Fabrice d’Almeida dans "Au cœur de l'histoire".

Aujourd’hui, Gene arrive enfin à se dire "fier" d’avoir participé, "un peu", selon ses mots, à la libération de la France...