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avec AFP , modifié à
Au 93e jour du conflit entre Israël et le Hamas, l'État hébreu soutient avoir "démantelé" la "structure militaire" du Hamas dans le nord de Gaza à l'heure où sa riposte contre le mouvement terroriste palestinien entre ce dimanche dans son quatrième mois sur fond de crainte d'embrasement régional. Lors d'un raid des forces israéliennes, un officier de Tsahal a été tué. 

Israël soutient avoir "démantelé" la "structure militaire" du Hamas dans le nord de Gaza à l'heure où sa riposte contre le mouvement islamiste palestinien entre dimanche dans son quatrième mois sur fond de crainte d'embrasement régional. Tôt dimanche, des témoins ont fait état de frappes aériennes israéliennes à Khan Younès, principale ville du sud de la bande de Gaza et nouvel épicentre des affrontements entre l'armée israélienne et le Hamas, l'agence palestinienne Wafa dénombrant de nombreux morts et blessés.   

Et en Cisjordanie occupée, un raid israélien a fait six morts dimanche à Jénine, bastion des factions palestiniennes, selon le ministère de la Santé de l'Autorité palestinienne. Samedi soir, l'armée israélienne a affirmé se concentrer désormais davantage sur le centre et le sud de Gaza après quelque trois mois de guerre qui lui ont permis selon elle de défaire le Hamas dans le nord de ce micro-territoire palestinien d'environ 2,4 millions d'habitants. Lors de ce raid un officier de Tsahal a été tué. 

"Nous avons achevé le démantèlement de la structure militaire Hamas dans le nord de la bande de Gaza (...) Nous nous focalisons désormais sur le démantèlement du Hamas dans le centre et le sud de Gaza", a déclaré le porte-parole de l'armée israélienne Daniel Hagari, précisant toutefois que des éléments du Hamas opéraient toujours dans le nord de Gaza "sans structure et sans commandants".

L'ONG Médecins sans frontières (MSF) a annoncé dans la nuit avoir évacué son personnel d'un hôpital du centre de Gaza. "La situation est devenue si dangereuse que certains membres de notre équipe vivant dans le quartier n'étaient même pas en mesure de quitter leurs maisons en raison des menaces constantes des drones et des tireurs d'élite", a déclaré sur X Carolina Lopez, coordonnatrice des services d'urgence de MSF à Gaza.

Les informations à retenir : 

  • Israël soutient avoir "démantelé" la "structure militaire" du Hamas dans le nord de Gaza
  • Un raid israélien a fait six morts dimanche à Jénine 
  • Un officier israélien a été tué et trois blessés dimanche lors d'un raid des forces israélienne à Jénine 
  • Deux journalistes ont été tués dans une frappe israélienne, selon le Hamas

"La guerre ne doit pas s'arrêter tant que nous n'aurons pas atteint (nos objectifs, ndlr)" qui sont "d'éliminer le Hamas, récupérer les otages et faire en sorte que Gaza ne soit plus une menace pour Israël", a déclaré samedi soir le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu pour souligner trois mois de guerre. Israël a juré de détruire le Hamas après son attaque inédite sur le sol israélien le 7 octobre, fatale à environ 1.140 personnes, essentiellement des civils, selon un décompte de l'AFP à partir du bilan israélien. Environ 250 personnes ont été enlevées dont une centaine libérées lors d'une trêve fin novembre.

Les opérations israéliennes dans la bande de Gaza ont fait 22.722 morts, majoritairement des femmes, enfants et adolescents, et plus de 58.000 blessés, selon un dernier bilan du Hamas.

La cheffe de la diplomatie allemande appelle Israël à une opération militaire "moins intensive"

La cheffe de la diplomatie allemande Annalena Baerbock, en visite à Jérusalem, a appelé dimanche Israël à plus de retenue dans la guerre menée dans la bande de Gaza, estimant qu'une "gestion moins intensive des opérations" était indispensable.

"La souffrance de nombreuses personnes innocentes ne peut pas continuer ainsi. Nous avons besoin d'une conduite moins intensive des opérations", a déclaré la ministre à des journalistes, à l'issue d'entretiens avec son homologue israélien Israël Katz et avec le chef de l'Etat Isaac Herzog.

Les Palestiniens déplacés de Gaza doivent pouvoir "rentrer chez eux" dès que possible, dit Antony Blinken

Le secrétaire d'Etat américain, Antony Blinken, a estimé dimanche "impératif" qu'Israël en fasse plus pour protéger les civils palestiniens à Gaza, qui devront pouvoir "rentrer chez eux".

"Les civils palestiniens doivent pouvoir rentrer chez eux dès que les conditions le permettront", a-t-il dit à Doha au côté du Premier ministre qatari, Mohammed ben Abdelrahmane Al-Thani, dans le cadre d'une nouvelle tournée dans des pays arabes et en Israël.

Une enfant palestinienne tuée par balle lors d'une attaque à la voiture-bélier

La police israélienne a annoncé dimanche avoir tiré sur une enfant palestinienne à un poste de contrôle en tentant de stopper une attaque à la voiture-bélier en Cisjordanie occupée, les médecins ayant ensuite déclaré qu'une jeune fille de trois ans était décédée.

"Après avoir tiré sur les terroristes, une fillette qui se trouvait dans un autre véhicule au poste de contrôle a été blessée", a déclaré la police israélienne. Les services d'urgence israéliens, Magen David Adom, ont dit qu'une enfant de trois ans "a été déclarée décédée" après avoir été examinée.

Al-Jazeera accuse Israël de "cibler" les journalistes à Gaza

Al-Jazeera a accusé dimanche l'armée israélienne de "cibler" les journalistes palestiniens à Gaza, après la mort de deux journalistes travaillant pour la chaîne satellitaire du Qatar, tués dans une frappe attribuée à Israël. Hamza Waël Dahdouh, le fils du chef du bureau d'Al-Jazeera dans la bande de Gaza, Waël al-Dahdouh, et Moustafa Thuraya, un vidéaste pigiste collaborant avec l'AFP, ont été tués dimanche alors qu'ils circulaient en voiture à Rafah, à la pointe sud du territoire palestinien.

"Al Jazeera condamne fermement le ciblage par les forces d'occupation israéliennes de la voiture des journalistes palestiniens", a affirmé la chaîne dans un communiqué, en accusant Israël de "violer les principes de la liberté de la presse".

Six morts et un officier israélien tué en Cisjordanie

Un raid a été mené dans le camp de réfugiés de la ville de Jénine. Mais l'opération a mal tourné : un véhicule militaire israélien a été pris pour cible. Une officier de la police des frontières est tuée dans l'explosion. Trois autres sont blessés, annonce l'armée.

L'Aviation israélienne intervient et frappe. Six Palestiniens sont tués, dont quatre frères de la même famille, selon des sources locales. L'attaque contre les forces israéliennes est plus tard revendiquée par le groupe Djihad islamique.

Depuis le début de la guerre, les violences ont explosé en Cisjordanie occupée. Elles entretiennent les craintes d'une extension de la guerre. Ce dimanche matin, quelques heures après le raid de Jénine, un Palestinien citoyen d'Israël a par ailleurs été tué par balles dans un attentat distinct sur une route au nord de Ramallah. Barrages routiers et checkpoints : l'armée et la police israélienne affirment avoir engagé une vaste chasse à l'homme pour retrouver le ou les auteurs de l'attaque. 

Le Hamas annonce la mort de deux journalistes tués dans une frappe israélienne

Le ministère de la Santé du Hamas dans la bande de Gaza a indiqué dimanche qu'une frappe aérienne israélienne avait tué deux journalistes palestiniens.

Moustafa Thuraya, un vidéaste pigiste collaborant avec l'AFP, et Hamza Waël Dahdouh, journaliste de la chaîne Al-Jazeera, ont été tués alors qu'ils circulaient en voiture, ont indiqué le ministère et des secouristes.

"Nous en avons assez !" 

Des manifestants anti-gouvernementaux israéliens se sont rassemblés samedi soir à Tel-Aviv, appelant à des élections anticipées et à la démission du gouvernement. "Nous en avons assez ! Nous en avons assez ! Le gouvernement est une bande d'idiots. Ils nous mènent vers un endroit horrible. Ils nous mènent vers un avenir innommable. Bibi Netanyahu et tous ses autres idiots sont en train de ruiner Israël et de détruire tout ce que nous espérions et rêvions", a déclaré sur place à l'AFP Shachaf Netzer, 54 ans.

"Nous avons besoin de nouvelles élections. Nous avons besoin d'un nouveau gouvernement. Nous avons besoin d'un nouveau dirigeant", a-t-il ajouté alors que l'opposition israélienne avait appelé au départ de Benjamin Netanyahu, affirmant que celui-ci n'avait pas la "confiance" de la population pour mener une campagne militaire à Gaza.

À Paris, et dans plusieurs villes de province en France, des milliers de personnes ont marché en faveur d'un "cessez-le-feu" et en soutien à la population de Gaza. Dans un cimetière de la ville de Gaza, des Palestiniens ont ré-enterré samedi des corps exhumés de leurs tombes dans cette zone où l'armée israélienne mène une offensive terrestre depuis fin octobre. Au milieu d'une nuée de mouches, une petite dizaines d'hommes, portant des gants et des masques chirurgicaux, s'affairent à les mettre à nouveau en terre. "Nous avons été surpris de voir les corps exhumés", a raconté à l'AFP un des hommes en train d'enterrer les corps.

L'offensive israélienne a rasé des quartiers entiers de Gaza et déplacé 1,9 million de personnes - 85% de la population d'après l'ONU - qui manquent d'eau, de nourriture, de médicaments et de soins, avec des hôpitaux pour la plupart hors service. Au point que Gaza est "tout simplement devenue inhabitable", "un lieu de mort et de désespoir", a déploré ce week-end le coordinateur des affaires humanitaires de l'ONU, Martin Griffiths.

"Risque d'embrasement" 

"Israël a proclamé son objectif d'éradiquer le Hamas. Il doit y avoir un autre moyen d'éradiquer le Hamas qui ne provoquerait pas autant de morts", a plaidé samedi le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, en visite au Liban, où il a jugé "absolument nécessaire" d'éviter un conflit régional. Depuis le 8 octobre, soit au lendemain de l'attaque sanglante du Hamas en sol israélien, les échanges de tirs quasi-quotidiens entre le Hezbollah libanais et les forces israéliennes ont fait 181 morts au Liban, dont 135 combattants du mouvement chiite, selon un décompte de l'AFP.

Ces tensions vont crescendo depuis l'élimination près de Beyrouth du N.2 du Hamas, Saleh al-Arouri, dans une frappe aérienne attribuée à Israël et qui a entraîné samedi la "riposte initiale" du Hezbollah avec un barrage de roquettes tirées vers une base militaire israélienne. En Syrie et en Irak, les attaques contre des bases militaires des Etats-Unis se sont aussi multipliées depuis le 7 octobre, tandis que les rebelles Houthis au Yémen - soutenus par l'Iran comme le Hamas et le Hezbollah - perturbent le trafic maritime mondial en mer Rouge en y attaquant des navires en "soutien" aux Palestiniens de Gaza.

La ministre française des Affaires étrangères, Catherine Colonna, a appelé samedi son homologue iranien, Hossein Amir-Abdollahian, pour exhorter "l'Iran et ses affidés" à cesser "immédiatement" leurs "actions déstabilisatrices" alors que "le risque d'embrasement régional n'a jamais été aussi important". Pendant ce temps, le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken se trouve dimanche en Jordanie dans le cadre d'une tournée au Moyen-Orient visant à juguler cette escalade.