Irma : "les dégâts matériels sont déjà importants"

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La ministre des Outre-mer a parlé mercredi de "toitures arrachées" au sujet des dégâts causés par l'ouragan Irma.

Les dégâts matériels provoqués par l'ouragan Irma, qui a frappé mercredi les îles française Saint-Barthélémy et franco-néerlandaise Saint-Martin, apparaissent "déjà importants", a déclaré Annick Girardin, la ministre des Outre-mer. S'exprimant à la sortie du Conseil des ministres, la ministre a évoqué des "toitures arrachées" par le passage de l'ouragan de catégorie 5, notamment à la préfecture.

Le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb a précisé que le toit de la préfecture s'était "envolé". Le personnel s'est "réfugié dans l'ancienne préfecture", a-t-il ajouté. "Pour le moment, nous n'avons pas connaissance de pertes humaines mais évidemment, nous attendons d'en savoir plus. Nous allons mettre d'ici deux heures un numéro de téléphone à disposition des familles qui sont sur le continent", a ajouté plus tard Gérard Collomb sur BFMTV.

Des informations "extrêmement alarmantes". À Saint-Martin, "quatre bâtiments qui étaient les plus solides ont été détruits donc cela veut dire que, vraisemblablement, les bâtiments qui étaient plus rustiques sont partiellement ou totalement détruits", a-t-il poursuivi. Il a indiqué aussi de nombreuses inondations: "dans les quartiers bas, il y a beaucoup d'eau, un mètre à peu près". "Nous avons peu d'informations", a précisé le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, en soulignant que ces rares informations étaient "extrêmement alarmantes".

La préfecture de Guadeloupe a précisé dans un communiqué n'avoir, dans ces deux îles, "pas encore d'informations sur le nombre de personnes blessées". À Saint-Martin, outre la préfecture "en partie détruite", obligeant "la préfète et 23 personnes" à se réfugier "dans une pièce bétonnée", "la caserne des pompiers est sinistrée", et plusieurs toitures de la gendarmerie se sont envolées. Guadeloupe 1ere indique que la toiture de l'hôpital de Saint-Martin a également été arrachée.

Une caserne de pompiers "inondée sous 1m d'eau". La radio nationale néerlandaise NOS a fait état de "dommages énormes" sur la partie néerlandaise de l'île, et diffusé une vidéo tweetée par Radio Carabies International montrant des voitures à moitié submergées, et des bateaux fracassés ou abîmés, certains recouverts de palmiers abattus ou de débris. À Saint-Barthélémy, la caserne des sapeurs pompiers "est inondée sous 1 m d'eau", "les engins sont hors service, et le personnel est réfugié à l'étage". De "nombreux dégâts aux habitations" ont également été constatés. Dans les deux îles, précise la préfecture, il n'y a plus d'électricité, et à Saint-Barthélémy la centrale EDF est "inutilisable". 

L’œil du cyclone, d'environ 50 km de diamètre, est resté environ 1h30 sur Saint-Barthélémy et a ensuite touché Saint-Martin. Ces deux Iles du Nord avaient été placées dans la nuit en alerte violette, avec confinement des populations. Mais Annick Girardin a indiqué qu'il y avait "beaucoup à craindre" pour les quelque 7.000 personnes ayant "malheureusement" refusé de se mettre à l'abri.
"Nous sommes mobilisés pour agir très, très vite", a précisé Annick Girardin.

"Le vent gronde comme un train de marchandise". Paris a activé la cellule interministérielle de crise, une soixantaine de professionnels de la sécurité civile avaient été envoyés en renfort en amont dans les deux îles. "Les équipes sont sur place. Deux équipes supplémentaires vont venir du continent, une autre va venir de la Guadeloupe", a précisé le ministre de l'Intérieur. Le commandant de la Marine néerlandaise aux Caraïbes, Peter Jan de Vin, a indiqué sur Twitter que l'île de Saint-Eustache, au sud de Saint-Barthélémy, se trouvait désormais dans l’œil du cyclone. Un peu plus à l'ouest, "le vent gronde comme un train de marchandise", a tweeté pour sa part le gouverneur de l'île de Saba, Jonathan Johnson.