Violents affrontements en Inde après l'entrée de deux femmes dans un temple sacré

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Des heurts ont éclaté mercredi et jeudi après l'entrée de deux femmes dans un temple du Kerala, dans le sud de l'Inde. Des traditionalistes hindous s'y opposent vivement. 

Elles ne sont clairement pas les bienvenues. Mercredi et jeudi des heurts ont éclaté entre la police et des manifestants après que deux femmes sont entrées mercredi dans dans le temple de Sabarimala, un des sanctuaires indiens les plus sacrés de l'hindouisme, dans l'État de Kerala. Vendredi, une autre femme de 47 ans a pénétré dans le temple pour prier.

Des traditionalistes hostiles à une décision de la Cour suprême. La police indienne a utilisé gaz lacrymogènes, grenades incapacitantes et canons à eau contre des traditionalistes hindous qui manifestaient notamment devant le siège du parlement de l'Etat, à Thiruvananthapuram mais aussi dans d'autres villes de l'Etat. Ils s'opposent à une décision de la Cour suprême annulant l'interdiction d'entrée dans le temple imposée aux femmes âgées de 10 à 50 ans. Mercredi, les violences consécutives à cet acte avaient fait un mort, un homme touché par des pierres, et 15 blessés. Et le bilan pourrait s'alourdir jeudi tant la tension demeurait palpable dans l'Etat du Kerala, où quatre personnes ont été blessées à l'arme blanche.

"Nous sommes entrées (...) en empruntant l'entrée du personnel". Mercredi, les deux femmes sont entrées peu avant l'aube dans le temple, sous protection de la police. Sur des images filmées, on les voit pénétrer dans le temple vêtues de noir et la tête inclinée. "Nous ne sommes pas entrées en gravissant les 18 marches sacrées mais en empruntant l'entrée du personnel", a déclaré aux journalistes l'une des deux femmes, qui restent sous protection de la police. Elles en sont ressorties sans se faire repérer. 

Une bataille judiciaire de 20 ans. Le grand temple hindou d'Ayyappa à Sabarimala avait été l'objet de vingt ans de bataille judiciaire avant que, le 28 septembre 2018, la Cour suprême ne juge discriminatoire le fait que le temple bannisse les femmes en âge d'avoir leurs règles, soit entre 10 et 50 ans. Les femmes ayant leurs règles sont souvent considérées comme impures dans la société indienne conservatrice et patriarcale. 

Si la plupart des temples n'autorisent pas les femmes à entrer lorsqu'elles ont leurs règles, Sabarimala était l'un des rares à interdire toutes celles entre la puberté et la ménopause. Des milliers de traditionalistes hindous, dont de nombreuses femmes, avaient toujours réussi jusqu'à mercredi, en dépit de la décision de la Cour suprême, à empêcher les femmes de s'approcher du temple.

Un "Mur des femmes" formé mardi. Mardi, des dizaines de milliers de femmes avaient formé une chaîne humaine pour soutenir la décision de la Cour suprême. Cette manifestation appelée "Mur des femmes" était soutenue par le gouvernement de gauche de l'Etat.