Harcèlement sexuel : la finance américaine à son tour touchée

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Les deux cas de harcèlement sexuel chez Fidelity sont les premiers officialisés dans la finance américaine, milieu dominé par les hommes. © AFP
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Deux gérants de portefeuilles vedettes du fonds d'investissement Fidelity ont dû récemment quitter la firme, après des accusations de nature sexuelle portées par des salariées.

Le fonds d'investissement Fidelity, l'un des plus puissants au monde avec à sa tête une femme, a renvoyé deux dirigeants après des accusations de harcèlement sexuel portées à leur encontre, a indiqué mardi une source proche du dossier.

Ces deux cas sont les premiers officialisés dans la finance américaine, milieu dominé par les hommes, depuis la vague des scandales d'agressions sexuelles secouant la Silicon Valley et Hollywood. Robert Chow et Gavin Baker, deux gérants de portefeuilles vedettes dans le département d'actions chez Fidelity Investments ont dû quitter la firme récemment après des accusations de nature sexuelle portées par des salariées, a dit la source sous couvert d'anonymat.

Remarques salaces et harcèlement d'une employée de 26 ans. Robert Chow, 56 ans dont 30 passés chez Fidelity, est accusé d'avoir fait des remarques à caractère sexuel à des collègues. Il a été renvoyé début octobre. Gavin Baker, qui gérait un portefeuille d'actifs de 16 milliards de dollars (13,6 milliards d'euros), aurait sexuellement harcelé une jeune employée de 26 ans, selon cette même source. Il a quitté la firme en septembre. Contacté par l'AFP, son porte-parole n'a pas répondu dans l'immédiat.

"Les politiques de Fidelity interdisent le harcèlement quelle que soit sa forme et quand des allégations de cette sorte sont portées à notre attention, nous enquêtons immédiatement et prenons des mesures promptes et adaptées", a déclaré par courriel Vincent Loporchio, un porte-parole. "Nous ne tolérons et ne tolérerons pas ce type de comportement", a-t-il ajouté, expliquant que les employés sont incités à dénoncer tout comportement jugé inapproprié via différents canaux dont une ligne téléphonique spéciale.

Poussés à la démission par la femme la plus puissante de la finance américaine. Fidelity, qui gère pour 6.400 milliards de dollars d'actifs (5.440 milliards d'euros) et emploie près de 40.000 personnes, est dirigée par Abigail Johnson, considérée comme la femme la plus puissante de la finance américaine. Cette dernière a poussé au départ les deux dirigeants et embauché dans la foulée une firme externe pour enquêter sur le département actions principalement dominé par des hommes, a encore dit la source.

Une réunion d'urgence a également été organisée chez Fidelity la semaine dernière où il a été répété que l'entreprise avait une "tolérance zéro" vis-à-vis de tout comportement "inapproprié".

Les six grandes banques américaines dirigées par des hommes. Wall Street a souvent été critiqué pour sa très faible représentation des femmes et des minorités. Environ 2% de femmes occupent les postes de PDG dans le secteur financier, selon le cabinet Catalyst. Les six grandes banques américaines - JPMorgan Chase, Bank of America, Wells Fargo, Citigroup, Goldman Sachs et Morgan Stanley - sont toutes dirigées par des hommes. L'an dernier, Bank of America a été visée par une plainte, l'accusant de sous-payer les femmes par rapport aux hommes à responsabilités égales et d'avoir instauré en son sein une "atmosphère virile".